La Tunisie et le statut de « partenaire pour la démocratie » du Conseil de l’Europe

Article publié le 14 janvier 2011
Article publié le 14 janvier 2011
par Anais Elbassil Le Président de l'Assemblée Parlementaire du Conseil de l'Europe (APCE) M. Çavusoglu a exprimé lors de sa visite officielle en Tunisie du 10 au 12 janvier, sa profonde inquiétude face aux émeutes et appelle les autorités à agir de manière plus raisonnée dans la gestion des tensions.

En effet, depuis près de quatre semaines maintenant, tout un pays s'insurge contre le régime du Président Ben Ali. Selon la présidente de la Fédération internationale des ligues de droits de l'homme (FIDH) plus de 66 civils auraient déjà été tués lors de violentes altercations entre manifestants et forces armées.

Sur place, le Président de l'APCE s'est dit préoccupé par la radicalisation des mesures répressives décidées par le pouvoir et l'appelle à " gérer la crise de manière responsable, conformément aux normes du Conseil de l’Europe". Après avoir insisté sur certains principes de base de la démocratie, les libertés d'expression et de réunion notamment, il a souligné l'impératif de transparence et sollicité les autorités à mener une enquête approfondie sur ces événements afin de donner le plus d'informations possible à la population.

Pourtant et en parallèle, M. Çavusoglu a, lors d'entretiens, évoqué avec les représentants du Parlement tunisien la possibilité d'une coopération approfondie avec l'APCE, sous la forme de l'acquisition du statut de "partenaire pour la démocratie ". Ce nouveau statut, déjà sollicité par les "chambres" marocaines et palestiniennes, doit être attribué aux pays voisins partageant les valeurs défendues par le Conseil de l'Europe et souhaitant renforcer leur coopération.

Dans cette période de crise M. Çavusoglu a ainsi rappelé que " la société tunisienne est moderne, tolérante, instruite et le pays le plus avancé du monde arabe dans le domaine des droits des femmes ", sans manquer de souligner pour autant que selon lui elle "est encore loin de satisfaire pleinement à toutes les exigences du statut de partenaire, notamment en ce qui concerne les institutions démocratiques, les droits de l'homme et l’Etat de droit".

Ces brèves sont réalisées en partenariat avec la rédaction étudiante du Master Politiques Européennes de l’IEP de Strasbourg