La Tunisie, 28e État-membre de l’UE ?

Article publié le 6 avril 2011
Article publié le 6 avril 2011
par Edgar Makanga La suggestion émane de quatre intellectuels français et tunisiens. Et l’idée est loin d’être saugrenue, arguments à l’appui. Reste à savoir si les Européens et les Tunisiens seront intéressés ou pas.

Le 30 mars dernier, Pierre Beckouche (Professeur à l’Université de Paris 1), Ali Bennasr (Professeur à l’Université de Sfax), Mohamed Haddar (Professeur à l’Université de Tunis) et Jean-Yves Moisseron (Institut de recherche pour le développement de Marseille), intellectuels français et tunisiens ont publié une lettre ouverte simultanément dans les quotidiens Libération en France et La Presse en Tunisie.

Dans cette tribune, ces quatre experts lancent un appel au renforcement des relations UE-Tunisie à un niveau historique, tout en posant la question de l’adhésion d’un premier pays africain à l’UE. L’idée ne jaillit pas par hasard, alors que le pays vit en ce moment une transition démocratique. Mais ce n’est pas tout. Ces chercheurs se sont également livré à l’éloge économique de la République tunisienne. « Les critères de Copenhague ne sont plus hors de portée », estiment-ils. « La Tunisie est un pays plus européen que bien des pays de l’UE puisqu’elle fait les trois quarts de ses échanges commerciaux avec l’Europe ».

Les quatre spécialistes estiment que l’adhésion de la Tunisie à l’UE serait bénéfique pour les relations Nord-Sud, tout en y voyant des avantages sur le plan démocratique. « La Tunisie pourrait être le laboratoire d’une première adhésion d’un pays arabe. Cela démontrerait qu’il n’y a aucun ostracisme à l’égard des pays du Sud et/ou musulmans ; que de nouvelles relations Nord-Sud sont possibles à l’échelle régionale (…) Cela stimulerait la transition des autres pays arabes, et freinerait les appétits des États-Unis ou des puissances asiatiques sur le Maghreb ».

En dépit des avantages sur le plan macro-économique, et même si Tunis ne se situe qu’à 27 minutes d’avion de Palerme, l’idée d’une adhésion semble plutôt utopique. De plus, quand on voit les difficultés rencontrées par la Turquie eurasienne pour intégrer l’UE, on imagine mal la Tunisie africaine réussir cette gageure. Néanmoins, cette idée a le mérite d’exister et démontre à suffisance que la Tunisie est sur la bonne voie, tant économiquement que démocratiquement.

Photo: Flickr/Steve Grosbois