La traductrice du mois : Chiara Mazzi

Article publié le 6 octobre 2015
Article publié le 6 octobre 2015

Babélienne depuis un petit moment déjà, un retour sur les chapeaux de roue à la fin de l’été, Chiara ne pouvait que figurer parmi les traductrices de septembre, grâce à ses contributions toujours ponctuelles et de qualité. Entretien avec une fille qui aime les belles lettres, Madère et le ciel bleu du Piémont.

cafébabel : Parle-nous un peu de toi.

Chiara Mazzi : J’ai 26 ans, je suis diplômée en langues étrangères et à la recherche d’un premier emploi. J’habite entre le Piémont et la Ligurie, j’adore les balades à vélo, m’endormir avec le bruit de la pluie, me promener sur la plage...

cafébabel : Ta punchline du moment ?

Chiara Mazzi : « Ne pas remettre au lendemain ce que l’on peut faire aujourd’hui. » C’est comme ça qu’on dit, pas vrai ?

cafébabel : Quels sont les trois pays où, selon toi, il fait mieux vivre que l’Italie, et pourquoi ?

Chiara Mazzi : Je n’ai pas eu encore l’occasion de voyager beaucoup dans ma vie, je ne peux pas vraiment répondre à cette question. J’ai un peu vécu en Allemagne, et j’y appréciais la possibilité de se plonger dans la nature, comme ça, en un instant : des kilomètres et des kilomètres de forêts ainsi que des champs verdoyants qui côtoient les villes. Le rendu visuel est totalement différent, beaucoup plus reposant, moins bétonné.

Ensuite, à la question de savoir si on y vit mieux qu’en Italie… je n’ai malheureusement pas assez d’éléments pour le confirmer. Cependant, au vu des derniers évènements, on aurait tendance à croire que là-bas, il y a une place pour tout le monde. Cela-dit, je suis un peu météopathe, j’attache donc beaucoup d’importance au soleil et au ciel bleu de ma région.

cafébabel : Si tu pouvais avoir la double-nationalité, tu choisirais quel pays ?

Chiara Mazzi : Je choisirais sans doute le Portugal, pour vivre sur l’île de Madère.

cafébabel : En ce moment, quel objet culturel trône sur ta table de chevet ?

Chiara Mazzi : Je ne suis pas une grande lectrice, mais il y a quelques années, en préparant un examen de littérature allemande, j’ai dû lire une œuvre qui m’a énormément marquée : Les Brigands, de Schiller. Je viens tout juste de l’emprunter à nouveau à la bibliothèque. Elle est d’une force émotionnelle incroyable, et aborde des thèmes qui ne sont plus au goût du jour : le sens du devoir, de l’honneur, de la morale … Et si l'on veut parler de musique, j’ajouterais que sur ma table de chevet, on peut aussi trouver l’album de James Bay, Chaos and the calm.

cafébabel : Où peut-on te croiser, le vendredi soir ?

Chiara Mazzi : À la pizzeria avec des amies, au bar avec des amis, ou encore chez moi, quand je reçois.

cafébabel : En ce moment, en Italie, on a beaucoup parlé de EXPO : maintenant que celle-ci touche à sa fin, qu’en as-tu pensé ?

Chiara Mazzi : Je pense qu’elle a eu un succès remarquable auprès du grand public : la possibilité de découvrir un univers différent à chaque entrée dans un pavillon est impressionnante. Pourtant, je crois qu’avec un tel thème, « Nourrir la planète », beaucoup s’imaginaient que les questions de l’exploitation des ressources, de l’eau et de la nourriture seraient davantage approfondies, ainsi que le besoin de susciter une prise de conscience et d’assurer une meilleure gestion de ces ressources.

cafébabel : C’est vrai que les filles italiennes suivent beaucoup la mode, et lisent exclusivement Vogue et Vanity Fair ?

Chiara Mazzi : Pas du tout, on lit aussi Cosmopolitain et Glamour ! Blague à part, je crois que de nos jours, qu’on le veuille ou non, les apparences ont pris une place énorme. Pour répondre à la question, je dirais que les filles italiennes font très attention à ce qu’elles portent. Quoiqu’il en soit, on ne peut pas généraliser : certaines se sentent à l’aise en jogging et se moquent de ce qu’en pensent les autres.

cafébabel : Tu préfères en savoir beaucoup sur peu de choses ou peu sur beaucoup de choses ?

Chiara Mazzi : Quand je me mets à réfléchir sur le nombre de choses qu’il y a à apprendre et à découvrir dans le monde, j’en arrive à la conclusion que je devrais me cloisonner dans une bibliothèque, et alterner enfermement et voyages. Jusqu’à aujourd’hui, j’ai davantage misé sur le fait de connaître peu sur beaucoup de choses, mais le contraire me semble désormais plus utile. Prendre le temps d’approfondir un sujet peut réveiller en nous une véritable passion. Par exemple, niveau boulot, je pense que se spécialiser dans un domaine peut s’avérer décisif, même si on nous demande d’être polyvalent.

cafébabel : Admettons que tu gagnes un Oscar, à qui adresses-tu tes remerciements ?

Chiara Mazzi : Je remercie surtout le jury de m’avoir élue, mais aussi mes amis et mon frère, dont les histoires changent et façonnent mon regard sur le monde. Et, last but not least, mon copain qui est mon ancre dans cet océan d’incertitude.

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