La tendance hybride

Article publié le 16 juillet 2008
Article publié le 16 juillet 2008
La voiture hybride, solution miracle pour lutter contre la pollution par les transports ? Avec l’apparition des premiers bouchons de l’été, la question ressurgit.

Bouchons dans le Sud de l'Espagne | Crédits : chodaboy / FlickrChaque été, abandonnant derrière eux les villes grises pour des plages ensoleillées sous un ciel d’azur, des milliers d’automobilistes prennent en masse la route des vacances. Mais comme toute médaille a son revers, il en résulte des centaines de kilomètres de bouchons. L’environnement en fait les frais. A l’échelle européenne, politiciens et constructeurs automobiles se penchent sérieusement sur le problème. « Hybride » est le mot magique qui revient le plus souvent dans leurs conversations.

Les slogans publicitaires vantent de plus en plus les mérites d’un véhicule en harmonie avec l’environnement… Que ce soit Ford avec Econetic, Volkswagen et sa Blue Motion ou encore Ecoline chez BMW, les constructeurs, en proposant une nouvelle gamme de voitures « vertes », veulent montrer qu’ils partent en guerre contre le dérèglement climatique et la hausse du prix des carburants.

Cependant, ce n’est qu’une étincelle sans feu car, à l’échelle mondiale, la part laissée aux solutions alternatives est encore faible. Raison pour laquelle la Commission Européenne et des personnalités politiques de chaque Etat-membre réclament des mesures efficaces pour la protection de l’environnement.

Une Prius, sinon rien !

Sans l’ombre d’un doute, les médias ont craqué pour la voiture hybride, qui offre l’avantage de faire cohabiter un moteur thermique et un moteur électrique alimenté par une batterie incluse. Face à l’augmentation du trafic, les conducteurs souvent contraints au « stop and go » pourraient y voir un gain non négligeable en cas de ralentissements répétés.

Moteur hybride| Crédits : Erik Charlton / FlickrA l’échelle mondiale, le projet est donc porteur de promesses réconfortantes. Mais, jusqu’à présent, deux constructeurs seulement, au Japon, produisent ce type de modèles en série. Toyota a lancé la Prius en 1997. De son côté, Honda propose une nouvelle version de la classique Civic. Il existe actuellement trois catégories de voitures hybrides selon le degré d’activité du moteur électrique dans le fonctionnement du véhicule. On parle alors soit de pleine hybridation des moteurs thermique et électrique, soit d’hybridation douce, qui constitue un niveau d’hybridation légèrement supérieur à la micro-hybridation, le niveau le plus faible.

Pendant longtemps, un grand scepticisme régnait au sein de l’industrie automobile allemande. « En Europe, on pensait qu’il était plus censé d’améliorer les moteurs diesel afin d’économiser l’énergie », souligne Tim Kehler, directeur du marketing et des investissements chez BMW.

Que la voiture hybride soit plus exigeante techniquement et plus chère à produire est une évidence pour le constructeur. En outre, les économies réalisées fondaient à cause d’une élévation constante de la vitesse. La double propulsion, en augmentant le poids du véhicule, se traduit par une consommation plus élevée. Les revendeurs ont beau informer leurs clients, le moins qu’on puisse dire, c’est qu’en Europe, il reste encore beaucoup de monde à convaincre.

Pénalités à partir de 120g de CO2/km

Pourtant, une campagne politique active en faveur de la protection de l’environnement a pris de l’ampleur ces derniers temps en Europe. Il y a un peu plus d’un an que la proposition de Stavros Dimas, commissaire de l’Union chargé de l’environnement et de l’industrie automobile européenne a été déposée.

Dans cette directive, il demande que, dans les cinq prochaines années, les émissions de CO2 ne dépassent pas 120g/km. En clair, cela signifie que chaque auto devra tôt ou tard respecter cette valeur absolue. Il recommande également de procéder à un rééquilibrage du parc automobile dans son ensemble en favorisant les petits véhicules plutôt les gros. Au contraire des marques italiennes et françaises, qui tendent à adapter leurs produits à cette exigence, l’industrie automobile allemande critique cette décision avec virulence.

Afin de corriger ce retard et de définir une marge de manœuvre commune, Angela Merkel et Nicolas Sarkozy ont décidé d’établir un compromis. De leurs côtés, les Etats-membres de l’Union ont déjà fait entrer en vigueur des règles pour favoriser à moindre coût des véhicules à faible teneur en CO2.

L’exemple en la matière reste le système de péages de la City de Londres, qui pénalise de 25 livres par jour tout véhicule émettant plus de 225g/km de CO2.

La route est encore longue…

L’industrie automobile européenne met donc la pression pour développer une technologie soucieuse de l’environnement et fixer à moyen terme un barème de prix rendant compétitifs les véhicules hybrides dans le cadre des nouvelles normes. Alors que le diesel est toujours plus économique, la question est de savoir si le marché européen sera assez raisonnable pour adopter les véhicules hybrides, au moins dans les petites cylindrées.

Pour couper court à toutes rumeurs, PSA Peugeot-Citroën se tournent vers ce type de production. N’a-t-on pas envisagé aussi le lancement d’un Hybride-Diesel ? Quoiqu’il en soit, les producteurs européens essaient au plus vite de rattraper le retard pris sur des constructeurs comme Toyota. Les grandes marques cherchent désormais à se donner une image novatrice et soucieuse de l’environnement. A long terme, d’autres solutions alternatives sont envisageables, telles que le moteur à hydrogène présenté par BMW, qui ne dégage absolument plus de CO2 dans l’atmosphère. Mais d’ici là, pour reprendre les mots de la campagne de pub de la Prius : « Still a long way to go ! » (1)

(1) « Encore un long chemin à parcourir »