La Syrie : question de politique étrangère 

Article publié le 22 mai 2013
Article publié le 22 mai 2013
Par Jeanne Heuré (en direct du sommet) Cafébabel est à la conférence de presse de François Hollande. Le bruit des flashs se fait entendre et les questions fusent sur les deux sujets majeurs de l’agenda du jour : la mise en place d’un marché européen de l’énergie et la question de l’évasion fiscale.
Après son compte-rendu officiel à la presse française, François Hollande répond aux questions mais semble déjà préparer la suite. Ce n’est pas lié à l’énergie ni aux paradis fiscaux. Il s’apprête à rejoindre le Premier  ministre britannique David Cameron et traitera de la question de la Syrie.

François Hollande est entré souriant et s’amusait avec les journalistes de pouvoir prendre la parole à une heure aussi décente. La fin des sommets européens atteignant régulièrement des heures tardives, François Hollande va même jusqu’à « taquiner » le spécialiste des questions européennes du journal Libération, Jean Quatremer, sur l’honneur qu’il fait de sa présence à cette conférence de presse, qui ne s’est pas éternisée jusque dans la nuit pour une fois.

Sur le marché de l’énergie : trois volontés, deux décisions.

Il a rappelé les points majeurs sur lesquels les chefs d’Etat s’étaient mis d’accord au cours de ce « working lunch » comme les Européens l’appellent. Il évoque trois points majeurs : « il s’agit de tenir compte des bouleversements du marché de l’énergie avec un enjeu économique » pour l’Union européenne, de faire face à la compétition extérieure. L’Europe doit par ailleurs « lutter contre le réchauffement climatique » et enfin réduire la précarité énergétique afin « d’éviter que les Européens ne soient affectés dans leur pouvoir d’achat ». Le Président parle alors de deux décisions européennes : il faut « aller jusqu’au bout du marche européen de l’énergie » et « favoriser l’investissement » nécessaire à sa mise en œuvre. Il insiste à ce sujet sur la nécessité de « développer les énergies renouvelables », de « lancer un grand plan d’économie d’énergies pour réduire la dépendance de l’Europe a l’égard des sources d’approvisionnement » ainsi que de trouver des financements. « D’abord, il y aura les budgets européens […] mais aussi la banque européenne d’investissement ».

Sur l’évasion fiscale : élaboration d’un agenda.

Sur la question de l’évasion fiscale, il explique qu’il y a « un mouvement général et une volonté du G5 pour faire en sorte d’organiser un échange d’informations et de mener une lutte contre les paradis fiscaux ». Dès le mois de juin, l’Europe fera d’ailleurs en sorte de favoriser les échanges automatiques d’information et la fin de l’année devrait voir l’adoption la « directive épargne ».

Fenêtre d’opportunité pour les questions de politique étrangère

Au-delà de ces éléments clés du sommet, François Hollande montre toutefois assez vite qu’il prendra « une dernière question parce [qu’il] doit rejoindre David Cameron ». La voie est libre à une question brûlante de politique étrangère. Que doivent-ils décider pour la Syrie ? « Nous parlerons des questions de politique étrangère sur lesquelles nous avons une démarche commune ». La France et la Grande-Bretagne doivent trouver le moyen de continuer à faire pression sur le gouvernement de Bachar El Assad puisqu’il est inacceptable que son gouvernement soit armé par la Russie face à une opposition qui n’a rien.

Pourtant, l’éventualité d’armer cette dernière n’est pas à l’ordre du jour puisque le président français rappelle qu’ils ne livreront aucune arme sans qu’il y ait un contrôle de la façon dont elles seraient utilisées. Devons-nous conclure à l’abandon d’une telle hypothèse ou pouvons-nous envisager que le contenu de l’échange franco-britannique portera sur les moyens de contrôler l’utilisation de ces armes ?

Crédit photo: Cafebabel