LA SURVIE DU PLUS RICHE : COMMENT LES OLIGARQUES BLOQUENT LES REFORMES EN UKRAINE  

Article publié le 9 juin 2017
Article publié le 9 juin 2017

Attention cet article n'est paru dans aucun groupe du magazine et n'a donc fait l'objet d'aucune relecture.

Depuis l'accession de l'Ukraine à l'indépendance, le problème que représentent l'oligarchie et la corruption a été à l'ordre du jour des principaux acteurs politiques et associations en Ukraine. Ces intrusions constituent les principaux obstacles à l'instauration d'un changement démocratique en Ukraine.

Depuis l'accession de l'Ukraine à l'indépendance, le problème que représentent l'oligarchie et la corruption a été à l'ordre du jour des principaux acteurs politiques et associations en Ukraine. Ces intrusions constituent les principaux obstacles à l'instauration d'un changement démocratique en Ukraine. Ce sont également des préoccupations majeures pour les acteurs impliqués dans le développement international et l'assistance à la mise en place de la démocratie - sachant que l'Ukraine est l'un des pays européens qui reçoit le plus d'aide de ces instances. Ce rapport présente les difficultés que rencontre l'Ukraine dans son combat contre la corruption et l'oligarchie:

Télécharcher Policy Brief  d'Andrew Wilson

Source: Conseil européen des relations étrangères

La démission du Premier ministre ukrainien, Arseni Iatseniouk, et la nomination de Volodymyr Hroïsman montrent l'échec du processus de réforme de Kiev, et offrent à l'Europe une opportunité de faire pression pour parvenir à des changements plus profonds. Et tandis que l'Ukraine souffre de nombreuses formes de corruption, c'est l'intrusion de la sphère politique par la richissime oligarchie qui forme le principal obstacle aux réformes.

La richesse est concentrée entre quelques mains en Ukraine. Avant les manifestations du mouvement Euromaïdan en 2013, les richesses des 50 personnes les plus fortunées d'Ukraine représentaient plus de 45 pour cent du PIB, presque cinq fois plus qu'aux Etats-Unis. En Ukraine, la politique coûte extraordinairement cher, avec des frais de campagne s'élevant jusqu'à des centaines de millions de dollars. En outre, la possession des médias par l'oligarchie renforce encore davantage la mainmise des riches sur la démocratie en Ukraine.

L'auteur attire l'attention sur deux secteurs-clés, le système judiciaire et les entreprises publiques, où le processus de 'dé-oligarchisation' a été mis en échec. La mainmise de l'oligarchie sur les tribunaux a pour conséquance qu'aucune personnalité emblématique au pouvoir sous l'ère Ianoukovitch n'a été traduite en justice. Par ailleurs, les entreprises publiques ukrainiennes siphonnent les fonds gouvernementaux pour les reverser aux oligarques, leur fournissant ainsi encore davantage de moyens financiers pour contrôler tout ce qui se passe à Kiev.

L'Union européenne demeure le seul allié plausible de l'Ukraine et, en tant que tel, elle a le potentiel d'exercer une influence décisive sur le processus de réforme. Wilson met l'accent sur deux domaines essentiels sur lesquels les décieurs politiques européens devraient se concentrer, tous deux visant à dissocier les oligarques du système politique, plutôt que d'attaquer directement l'oligarchie.

La première étape consisterait à accentuer la pression mise sur les autorités ukrainiennes par la société civile. Ceci pourrait prendre la forme d'un encouragement en direction des ONG ukrainiennes à participer au dialogue entre l'UE et le gouvernement ukrainien.

L'UE et ses Etats-membres devraient aussi faire pression sur les dirigeants ukrainiens, qui perpétuent et dans certains cas bénéficient directement de certaines des pires pratiques du régime de Ianoukovitch. Les abus commis par les hommes de paille des oligarques notamment au sein de la bureaucratie étatique doivent faire l'objet d'une enquête.