La stratégie de Cameron contre UKIP

Article publié le 5 novembre 2014
Article publié le 5 novembre 2014

Le cirque continue en Grande-Bretagne. David Cameron craint une nouvelle victoire de l'UKIP aux prochaines élections partielles du 20 novembre à Rochester et Strood, qui pourrait être facilitée par la démission de Mark Reckless du parti des Tories pour le parti de Farage.

David Cameron, déterminé à modifier les lois sur l'immigration dans l'Union européenne, suscite un grand débat en Grande-Bretagne et en Europe. Affecté par le départ de deux des siens pour l'UKIP, le premier ministre britannique a annoncé que réétablir les contrôles aux frontières serait une priorité, en soutenant au Huffington Post que « ce système ne fonctionnait pas correctement jusque là ».

Le Lib-Dem Nick Clegg a déclaré que le changement de discours de David Cameron sur l'immigration n'est qu'une réaction de panique face à la montée du parti d'extrême droite. « Aucun conservateur n'est venu me concerter, aucun mot n'a été prononcé dans ce gouvernement à ce sujet. Il y a là un vrai problème, ils courent après l'UKIP dans la pure panique », a constaté Clegg à The Guardian.

« Le feu aux poudres »

Le conservateur Philip Hammond, ministre des Affaires étrangères, a déclaré au Guardian que le parti conservateur était « en train de mettre le feu aux poudres » en promettant un référendum sur une sortie ou non de l'Union Européenne fin 2017. Hammond considère ce plébiscite comme « une arme très puissante de l'arsenal britannique », en référence aux renégociations du premier ministre sur le statut de la Grande-Bretagne au sein de l'UE.

Pendant ce temps, José Manuel Barroso, alors encore président de la Commission européenne, a averti David Cameron qu'il commettrait une « erreur historique » en imposant des restrictions sur le libre mouvement des citoyens des pays membres de l'UE et en augmentant les chances de la Grande-Bretagne de quitter l'UE. Le Britannique a alors rétorqué que « les électeurs britanniques, et non Monsieur Barroso, [lui] diront quoi faire concernant les immigrants de l'UE ». Le président en fin de mandat a répondu que les dirigeants européens s'opposeraient aux tentatives des conservateurs de modifier la libre circulation des citoyens, car c'est un élément « fondamental » de l'Union.

En parallèle, le 16 octobre dernier, l'euphorie de l'UKIP était sapée, quand le groupe des députés européens eurosceptiques de l'Europe de la Liberté et de la Démocratie Directe (EFDD) s'est effondré après le départ de la députée Lettonienne, Iveta Grigule, car le minimum de sept nationalités n'y était plus représenté en accord avec les normes européennes. Le groupe a très rapidement une parade : le leader de l'UKIP a conclu un accord très controversé avec Robert Iwaszkiewicz, représentant de l'extrême droite polonaise. Son arrivée avait permis au groupe de se réformer et d'obtenir près d'un million d'euros annuels de la part des contribuables européens, d'après New Europe.