La Russie et l’OTAN font peur sans le Traité de Lisbonne en marche

Article publié le 7 décembre 2008
Article publié le 7 décembre 2008
Obama est arrivé à la présidence des États Unis et il semblerait qu’en matière de relations avec la Russie tout changera pour que rien ne change. L’Europe, au milieu, étale son insignifiance pour décider sur sa politique de sécurité et de défense. Le Conseil européen de décembre à Bruxelles pourrait prendre une décision sur le Traité de Lisbonne et le pays qui bloque sa mise en marche : l’Irlande.

L’OTAN a cédé aux pressions de la Russie pour que l’Ukraine et la Géorgie ne figurent pas encore dans l’agenda d’élargissement de l’Alliance Atlantique. La diplomatie énergétique et la guerre en Géorgie ont pesé davantage. Pour sauver les apparences dans l’UE, le Président de la Commission européenne, Durão Barroso, vient de souligner le droit de l’Union à promouvoir le rapprochement de l’Ukraine à l’UE.

L’UE s’efface du multilatéralisme

“Les européens nous sommes plus nombreux aujourd’hui, mais à l’extérieur on croit moins à nous et c’est pour cela que nous sommes plus fragiles”, a déclaré mardi dernier Felipe González, le président du groupe de réflexion de l’UE chargé d’élaborer un rapport sur l’horizon 2020-2030 en Europe. Pour une fois qu’aux États Unis va gouverner quelqu’un qui comprend et qui partage la philosophie multilatéraliste de l’Union Européenne, c’est cette dernière qui décide de ne plus lutter pour une intégration de l’Ukraine en son sein et celui de l’OTAN. En même temps, elle baisse les bras aussi dans la lutte pour éviter l’installation en Pologne et en Tchéquie du fameux bouclier anti-missiles que Felipe González considère également une “erreur injustifiée et injustifiable”. Il est constatable qu’au moment présent, l’UE ne possède aucune importance face à la capacité de pression de la Russie d’un côté, et de l’autre, des États Unis, qui a décidé d’utiliser le territoire européen dans sa stratégie de pression contre la Russie. “On nous dit que c’est pour nous défendre de l’Iran et non pas de la Russie, mais nous sommes déjà assez grands pour croire cette histoires, non?”, concluait ironiquement l’ex président espagnol. Dernier Conseil européen pour résoudre l’inconsistance de la voix de l’UE

Tout ceci se passe pendant que l’Irlande bloque encore l’entrée en vigueur du Traité de Lisbonne, un traité qui confère à l’Union les instruments nécessaires pour développer une politique étrangère et de sécurité efficace et qui se fasse respecter sur la scène mondiale. Pendant le Conseil européen à Bruxelles, les 11 et 12 décembre, ce problème sera abordé pour que l’UE dispose le plus vite possible d’un véritable responsable des Affaires étrangères pour l’Europe, avec un service diplomatique propre et une capacité de manœuvre suffisante face aux grandes puissances mondiales. L’Europe ne manque pas de politiques avec la

personnalité suffisante pour mener avec indépendance la charge. Entretemps, l’UE affichera encore sa division sur tous les fronts des crises qui se superposent aujourd’hui : la financière, la sécuritaire y la climatique. Aujourd’hui, à Poznan (en Pologne), sont réunis 187 pays pour décider de la réduction des émissions de CO2 en 2020, pendant que le premier ministre polonais, le libéral-conservateur Donald Tusk, pose son véto au plan européen de réduction du CO2. L’inconsistance de la voix européenne devient manque de sérieux aux yeux des autres États et retardera les progrès en matière de lutte contre le changement climatique. (Photos: )