La RSE protège les droits de l’homme et l’environnement

Article publié le 26 juin 2015
Article publié le 26 juin 2015

Attention cet article n'est paru dans aucun groupe du magazine et n'a donc fait l'objet d'aucune relecture.

Le professeur de l’ESC Toulouse, Jacques Igalens, nous explique que pendant longtemps la Responsabilité Sociétale des Entreprises était critiquée pour son « effet paillette ». Seulement, avec l’introduction de la notion de « devoir de vigilance », Christophe Mazurier considère que la RSE va devenir « un passage obligé pour les entreprises »…

C’est au milieu du vingtième siècle que la notion de RSE a fait son apparition dans le vocabulaire des experts de l’entreprise. Toutefois, comme l’explique parfaitement Jacques Igalens dans un article publié par le journal Le Monde, le concept ne faisait pas l’unanimité à ses débuts. Pourtant plus de 50 ans plus tard, « on est passé d'une RSE "cosmétique" à une RSE "stratégique" », explique le chercheur.

En effet, c’est seulement en 2001 que la commission européenne publie le livre vert de la RSE. A l’époque, « le but est de permettre à l’Union européenne de devenir l’économie de la connaissance la plus compétitive et la plus dynamique du monde, tout en promouvant l’intégration sociale et le développement durable ». Toutefois, les différentes mesures votées alors par le parlement européen montrent rapidement les limites de la stratégie continentale.

Ainsi en 2003, une résolution du Conseil suggère de promouvoir la RSE au niveau national. L’exemple de la RSE illustre donc la difficulté de proposer des règles harmonisées pour des pays très différents. Par la suite, la France a souhaité jouer son rôle d’aiguillon avec le Grenelle de l’Environnement en 2007 ; Cette fois, en introduisant le « devoir de vigilance », le législateur continue d’encourager le développement de la RSE.

Pour s’en convaincre, il faut regarder les conséquences du texte approuvé à l’Assemblée nationale en première lecture. Décrypté par l’homme d’affaires Christophe Mazurier, on remarque que si le droit de vigilance concerne uniquement les entreprises de plus de 5 000 salariés, elles auront tout de même l’obligation légale de « prévenir les atteintes aux droits de l’Homme et à l’environnement sur leurs chaines de production ».

Des ambitions très contraignantes qui font d’ailleurs craindre au MEDEF et l’AFEP une perte de compétitivité pour la France. Selon le PDG de Pernod Ricard, Pierre Pringet, « l’adoption de ce texte pousserait à localiser les centres de décisions hors de France en raison des risques encourus ». C’est pourquoi, l’Association Française des Entreprises Privées a largement pu retravailler le texte présenté par les députés socialistes et écologistes, en bonne intelligence avec le cabinet d’Emmanuel Macron.