La Roumanie nomme un nouveau premier ministre

Article publié le 16 octobre 2009
Article publié le 16 octobre 2009
Le président roumain, Traian Băsescu, a nommé un expert financier de haut rang pour devenir premier ministre : une décision controversée que les journaux européens commentent.

Evenimentul Zilei – Roumanie

Avec la nomination de Lucian Croitoru au poste de premier ministre, le président roumain Traian Băsescu a pris ses distances avec les différents partis, dont le sien, écrit le quotidien Evenimentul Zilei. Nombreux sont ceux qui auraient préféré le choix du maire de Sibiu, le germano-roumain Klaus Johannis : « [Le candidat des libéraux du PNL à la présidence] Crin Antonescu a soutenu l'indépendant Klaus Johannis. Mircea Geoană a également apporté son soutien à Johannis car il lui manquait un véritable indépendant. (…) Le fait que seuls des indépendants puissent sauver de la misère des partis, garantir un bon gouvernement et diriger efficacement le pays, alimente de façon dangereuse l'imagination des masses. Une apparition probablement générée pour les uns par la nostalgie du socialisme scientifique, pour les autres par l'aspiration à un gouvernement non-attachée à une personne, qui fonctionne sans heurts comme une horloge suisse. (…) L'indépendance n'est pas le bon remède à la maladie de la mauvaise politique dont nous connaissons certes les raisons, mais que nous ne voulons pas corriger. »

(16.10.2009)

Gândul – Roumanie

Le quotidien Gândul déplore la décision du président roumain Traian Băsescu de nommer l'expert financier Lucian Croitoru au poste de chef du gouvernement, au lieu du maire germano-roumain de Sibiu, Klaus Johannis : « La qualification la plus importante pour le poste de Premier ministre consiste à disposer d'expérience dans l'administration de collectivités territoriales. Croitoru, âgé de 52 ans, n'en a encore jamais dirigées : il a été conseillé de la [Banque nationale roumaine] BNR et expert financier international. L'expérience et la capacité à prendre des décisions constituent une autre qualification élémentaire d'un premier ministre. Les conseillers et experts tels que Croitoru ne prennent aucune décision. Ils ne font que donner des conseils, des avis professionnels. Johannis, le candidat de l'opposition, remplissait ces deux exigences : pendant dix ans il a administré une ville et a pris des décisions qui ne sont pas fortuites. Băsescu ne l'a pas invité à participer à une discussion au palais présidentiel de Cotroceni, bien que le chef de l'Etat a déclaré l'apprécier. »

(16.10.2009)

Il Sole 24 Ore – Italie

Avec la décision de charger l'expert financier indépendant Lucian Croitoru de former le gouvernement, le président roumain Traian Băsescu veut avant tout rassurer les bailleurs de fonds étrangers, écrit le journal économique Il Sole 24 Ore : « Il [Croitoru] a participé aux négociations qui ont permis à la Roumanie d'obtenir un prêt d'un montant de 20 milliards d'euros, à la condition toutefois qu'un rigoureux programme de réformes soit adopté. (…) L'opposition est résolument opposée à celui-ci. La situation économique est entretemps devenue délicate. En raison des incertitudes politiques, le gouvernement sortant a suspendu des enchères de prêts pour un montant de 1,5 milliard d'euros qui auraient rempli les réserves monétaires. Celles-ci sont extrêmement importantes à l'heure actuelle pour maintenir la stabilité du taux de change du leu par rapport à l'euro. Le Fonds monétaire international suit avec attention l'évolution de la situation (…) et espère en effet, sans pouvoir le dire, trouver bientôt l'un de 'ses' hommes dans la gestion de l'économie. »

(16.10.2009)