La révolution numérique du Conseil européen

Article publié le 17 décembre 2010
Article publié le 17 décembre 2010
Par Pierre Fagnart Soucieux de travailler son image, le Conseil européen a emboité le pas de la révolution numérique et communique désormais sur internet, essentiellement via le site de micro-blogging Twitter. L'initiative a ses bons côtés, mais aussi ses dérives. Le Conseil européen se met à l'heure du web 2.0.

Prenant tout le monde de court, Herman Van Rompuy a annoncé jeudi via son compte twitter qu'un accord avait été trouvé concernant le mécanisme de stabilité financière de l'Union européenne. Le président du Conseil n'est pas un précurseur. Il y a quelques mois, le ministre fédéral belge Vincent van Quickenborne avait annoncé sur le site de micro-blogging la chute du gouvernement belge. Herman Van Rompuy s'inscrit donc parfaitement dans cette nouvelle volonté de l'UE d'utiliser les réseaux sociaux.

Lancé par le service de presse du Conseil début octobre, le compte @EUCouncilPress affiche déjà un petit millier d'abonnés. « On diffuse différents types de contenu », explique @Dana_Council, employée au service de presse du Conseil. « On essaye de faire transparaître l'ambiance d'un sommet européen, de transmettre de l'information au sens large mais surtout, nous voulons être un outil pour les journalistes. La diffusion instantanée des nouvelles n'est pas à négliger ! ».

Le but est d'aborder l'Union européenne et ses institutions d'une manière décalée, d'expliquer aux gens « comment ça marche » et de montrer l'envers du décor.

Des insultes à Silvio Berlusconi à l'origine de l'interruption du Twitterwall ?

twitterwallSi cette ouverture vers les nouvelles technologies part d'un bon sentiment, elle a pourtant fait grincer des dents lors du Sommet des 16 et 17 décembre. A l'origine, un « twitterwall » diffusé sur les écrans de la salle de presse retransmettait en direct les tweets qui contenaient la mention « #EUCO », signe distinctif des messages concernant la réunion des chefs d'Etats. Programmé pour trois heures, cette diffusion était un test, une publicité pour les profils twitter liés aux institutions européennes.

Mais rapidement, l'ironie de la twittosphère a pris le pas sur l'information pure. Et d'apparaître, sur les écrans de l'atrium, une série de tweets à l'attention du chef du gouvernement italien, Silvio Berlusconi. On peut s'en douter, les internautes n'adressaient pas que des gentillesses au Cavaliere. Le service de presse du Conseil a immédiatement interrompu la diffusion en direct du « twitterwall ».

Sans parler de censure, les services concernés assurent que la fin de la diffusion était prévue, et qu'elle est intervenue un peu plus tôt que prévu à cause d'un manque de personnel, plutôt qu'à cause de l'irrévérence du web.