La révolution EUROPEANA : la culture européenne accessible gratuitement sur le net

Article publié le 18 décembre 2008
Article publié le 18 décembre 2008

L’ensemble du patrimoine culturel européen librement accessible pour tous n’est plus une utopie. La bibliothèque numérique européenne baptisée « Europeana », mise en ligne le 20 novembre dernier, a rendu ce rêve bien réel. Ce projet ambitieux a été élaboré par la Commission Européenne. L’adresse du site est la suivante : www.europeana.eu.

Une initiative européenne d’envergure

 Près de deux millions d’œuvres sont d’ores et déjà hébergées sur le site et par conséquent accessibles à tout internaute. La bibliothèque numérique européenne recense tout type d’œuvres culturelles versées dans le domaine public : peintures, œuvres musicales, ouvrages littéraires, films, photos…. Toutes ces œuvres proviennent des vingt-sept pays qui constituent aujourd’hui l’Union Européenne. Plus de mille institutions culturelles à travers l’Europe participent à la constitution de cette institution virtuelle. Le projet est piloté depuis La Haye aux Pays -Bas. Les Vingt-sept participent mais ne contribuent pas tous au même niveau; pour le moment, la France fournit plus de 50% des œuvres grâce à la BNF, l’INA et l’IRCAM. La Grande Bretagne, les Pays-Bas et la Suède viennent ensuite, des pays tels que l’Espagne, l’Italie, l’Autriche ou l’Allemagne contribuent peu à peu. La navigation à l’intérieur du site peut se faire en 21 langues; tout ressortissant Européen peut donc y surfer dans sa langue maternelle. L’objectif annoncé pour 2010 est d’atteindre les 10 millions d’ouvrages numérisés, accessibles depuis le site. Un travail titanesque attend les développeurs du site; en effet, les bibliothèques nationales européennes concentrent près de 2,5 milliards de livres, et seul un pour cent de cet héritage culturel est numérisé. Un immense processus de numérisation débute, nécessitant l’engagement d’importantes ressources financières et technologiques. La Commission Européenne s’est d’ores et déjà engagée à consacrer au cours des deux prochaines années une enveloppe de 120 millions d’euros à investir dans les technologies de numérisation. Cependant, ces investissements sont loin d’être suffisants; selon Viviane Reding, la commissaire européenne chargée de la communication, des médias et des nouvelles technologies, il faudrait disposer, par an, d’un budget de 225 millions d’euros pour numériser environ 5 millions de livres et envisager près de 2,5 millions d’euros de frais de fonctionnement.

Un succès immédiat

Le lancement du site le 20 novembre dernier a dépassé toutes les espérances des responsables de la Commission Européenne, initiateurs du projet. L’affluence fut telle, dès les premières heures de mise en ligne, que le site se bloqua, incapable d’accueillir autant de visiteurs à la fois : 20 millions de clics par heure ont été enregistrés, soit jusqu’à 6 000 requêtes par seconde ! Le site fut conçu à la base pour accueillir au maximum cinq millions de visiteurs par heure, il ne disposait d’ailleurs que de trois serveurs. Par conséquent, le site fut rapidement engorgé, incapable d’absorber tout le trafic. Il fut donc décider de mettre le site en maintenance afin d’y ajouter trois nouveaux serveurs pour améliorer la capacité d’accueil du site. Europeana devrait d’ici peu être remis en ligne, avec une capacité d’accueil au minimum doublée. Les internautes de toute l’Europe pourront alors y naviguer à leur gré.

L’objectif final recherché par la mise en œuvre de ce projet est formidable : offrir à l’ensemble de la population européenne et mondiale, un espace culturel extraordinaire librement accessible. José Manuel Barroso, actuel Président de la Commission Européenne, déclare au sujet du projet Europeana, qu’il met en valeur la maîtrise européenne dans le domaine des nouvelles technologies ainsi qu’il est une formidable vitrine de la richesse culturelle de l’Europe.

Sources :

- Site Europeana

- Europeana sature dès l'ouverture, Neteco.com

- Europeana victime de son succès, Courrier International

- La bibliothèque numérique Europeana victime de son succès, Zdnet.fr

Thibaud SIMON