"La Quinzaine des réalisateurs" : Une sélection de film engagée

Article publié le 21 août 2017
Article publié le 21 août 2017

Attention cet article n'est paru dans aucun groupe du magazine et n'a donc fait l'objet d'aucune relecture.

Le festival du film "La Quinzaine des réalisateurs" a eu lieu du 3 au 9 juillet dernier à Bruxelles. Ce festival indépendant, qui a lieu au même moment que le populaire festival de Cannes, présente des courts et des longs métrages. Une sélection de ces films a été présenté au Brussels' Flagey studio. Cafébabel y était. 

West of the Jordan River par Amos Gitai

West of the Jordan River | Quinzaine des réalisateurs

West of the Jordan River est un photo-journal des gens qui vivent sur les terres bordées par le Jourdain. Pas Israël, pas la rive occidentale ni la bande de Gaza. Le film tente vraiment de montrer les avis de ces gens qui vivent ensemble sur ce même territoire. Ces terres dévastées par la guerre ont créés des ennemis.

Le film est constitué d’une série d’interview réalisées pour un précèdent film en 1994 et qui sont comparées avec des interviews réalisées en 2016. Le directeur, un Israélien, présente son approche critique vis-à-vis des décisions politiques d’Israël, révélant en fait la fracture avec la volonté du peuple. D’autres Israéliens partagent eux aussi cette vision et entrevoient même la capitulation de cet état rêvé d’Israël : dans 10 ans, le pays pourrait atteindre un « point de non-retour » à cause des nombreuses cruautés commises envers les Palestiniens. En effet, la colonisation est considérée par beaucoup comme immorale mais ce qui est plus préoccupant, comme allant contre les idéologies et les principes de la religion Juive.

West of the Jordan River souligne aussi comment le conflit Israélo-palestinien uni au lieu de diviser, en créant des amis au lieu d’ennemis. En présentant l’organisation de la société civile, et en obtenant les témoignages des citoyens, les spectateurs découvrent l’immense solidarité et la formidable fraternité entre les peuples.  

Le film apporte une vision nouvelle sur le cout moral du conflit et sur la volonté des peuples à aller au-delà de leurs différences et à essayer de coexister : de mettre de la bonne volonté pour vivre avec le sourire aux lèvres plutôt qu’avec les larmes aux yeux des pertes subies. Malgré cet inspirant effort du peuple pour la paix, le réalisateur rappelle régulièrement les blessures émotionnelles et générationnelles laissées par le conflit.

West of the Jordan River transmet un message de paix et d’espoir dans l’impasse provoquée par cette guerre d’intérêt en marquant les ressemblances entres les Arabes et les Juifs qui partagent une terre mais peut-être aussi un peu plus que ça.

Finalement, Salam et Shalom ne sont pas deux mondes si différents.  

The nothing Factory par Pedro Pinho

L’usine de rien | Youtube page

Le film The nothing Factory (L’usine à Rien), qui a gagné le prix FIPRESCI du festival de cannes, est le premier film de fiction du directeur Pedro Pinho.

Zé, un jeune homme travaillant dans une usine près de Lisbonne et ses nombreux collègues sont en train de réaliser que leur usine va être délocalisée. Zé, ainsi qu’une grande partie des autres jeunes hommes, se voit offrir une bonne compensation par les RH s’ils décident de quitter l’usine. La plupart d’entre eux choisissent de rester avec leur collègues pour se battre – ils décident de faire grève et d’occuper l’usine. La rumeur comme quoi le groupe de travailleurs empêche l’accès à l’usine aux directeurs se répand.

Un homme mystérieux, aux cheveux blancs et qui se présente comme un sociologue se voit autoriser l’accès. Il passe beaucoup de temps avec les travailleurs de l’usine qui – maintenant qu’ils sont en grève – sont en train de débattre de leurs différentes options. Ils découvrent qu’ils pourraient tout aussi bien faire marcher l’usine eux-mêmes. Cependant, cette solution est loin d’être simple…

The nothing Factory redonne une pointe d’espoir et d’inspiration, en laissant entendre que les gens peuvent prendre en charge leur vie professionnelle au lieu d’être poussés par la hiérarchie. Cependant, le film reste réaliste, puisque les travailleurs ne cessent de discuter les meilleures solutions à leurs problèmes, et que tout le monde n’est pas sur la même longueur d’onde. Le père de Zé par exemple, pense qu’il est meilleur de répondre par la rébellion et la force. En revanche, l’avis du sociologue est d’être plus patient puisque l’usine sans directeurs va mettre du temps à fonctionner.

De plus en plus de coopératives – par exemple des coopératives alimentaires, où les clients travaillent plusieurs heures par mois pour pouvoir acheter des provisions – sont en train d’émerger. The nothing Factory est basé sur l’histoire vraie d’une usine qui s’appelle FaSinPat, une usine contrôlée par ses ouvriers en Argentine.