La question sociale réussira-t-elle à se frayer un chemin face à la finance ?

Article publié le 18 octobre 2012
Article publié le 18 octobre 2012
Par Jeanne Heuré (en direct du Sommet) L’insuffisance des politiques d’austérité isolées pour répondre à la crise économique européenne a déjà été reconnue. Les conséquences sociales engendrées par la rigueur économique empirent les effets de la crise économique déjà très visibles au sein des populations. Comment réintroduire du social dans l'économie pure? En finir avec l’austérité pure et dure ?

Ce matin, à l’issue du, le Président de la République de Chypre, , et le président de la Confédération européenne des syndicats, , ont expliqué, une fois de plus, que l, surtout en matière d’emploi, au regard de résultats de l’année 2012. Alors que l’austérité était présentée comme la seule issue de secours ouverte pour les pays lourdement endettés et comme une mesure préventive pour les pays en meilleure santé économique, il semble que son efficacité individuelle soit désormais généralement contestée.

sommet social européenDemetris ChristofiasFernandez Toxoes mesures économiques orthodoxes ne s’avéraient pas efficaces


Vers l’introduction de la question sociale


Selon , c’est le qui « joue un rôle crucial » dans la pièce en trois actes de la crise. Il ne s’agit plus uniquement d’adresser la crise du secteur bancaire, la crise de l’économie réelle et la crise de la dette souveraine par la théorie économique pure mais de considérer leurs conséquences sociales. En effet, de nombreux efforts ont été faits pour améliorer la situation économique de l’Union européenne et de ses États membres : les déficits publics ont généralement diminué, les exportations ont été renforcées, de nouveaux projets ont été lancés (le Mécanisme européen de stabilité entre autres). Pourtant, l’Union continue d’abriter un nombre croissant de chômeurs, 25 millions selon le Président du Conseil européen, un phénomène affectant tout particulièrement les jeunes générations. parle alors de relancer l’emploi, certes, mais surtout . Il faut faire réapparaître des éléments de compréhension sociale dans la réponse à la crise.

Van Rompuydialogue socialBarrosode redonner « des espoirs et un futur » aux jeunes européens


Promouvoir un mixte de solutions


Évoquer le dialogue social c’est reconnaître que entre des variables telles que la consolidation fiscale, les réformes structurelles, l’acheminement pertinent des investissements mais aussi la promotion d’un pacte social européen. L’important n’est donc plus uniquement de proposer sans cesse de nouvelles solutions mais de faire interagir celles qui existent déjà. C’est pour cela que le Conseil européen de cet après-midi doit proposer une évaluation des progrès des politiques européennes découlant de la crise. Jusqu’ici, « il y a eu plus d’efforts sur la consolidation fiscale que sur la croissance en tant que telle » explique Barroso. Les chefs d’État et de gouvernement devraient donc nous proposer un bilan de ce qui a été fait et une stratégie d’attaque et de pondération de ces politiques pour le futur de l’Europe. Sauront-ils s’accorder sur le degré de ‘social’ à introduire dans la politique européenne face à la crise ? Quelles qu’en soient leurs conclusions, le message du sommet social était clair : . En conclusion, aucune annonce officielle ne nous permet d’imaginer que la question sociale est jetée au-devant de la scène en tant que ‘sauveur’ de la crise, mais l’idée de poser les bases d’un « partenariat social » qui accompagnerait les mesures économiques européennes fait son chemin.

la sortie de crise dépend d’un mixte harmonieux il y a eu de nombreux progrès mais plus d’efforts doivent encore être fournis


(Crédit photo: © Conseil européen)