La presse française et Berlusconi : mauvaise foi et simplifications

Article publié le 21 septembre 2008
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Article publié le 21 septembre 2008
La presse française nourrit en général une haine profonde pour Silvio Berlusconi. Une haine nourrie d'une bonne dose de mauvaise foi. Dernier exemple en date l'article de Marcelle Padovani publié dans le dernier numéro du Nouvel Observateur (18 septembre 2008) et titré « Berlusconi, l'Italie à sa botte ».
Essayons donc de rétablir la vérité sur un sujet complexe, tel que celui de l'exécutif guidé par le Cavaliere, sur lequel l'auteure reverse, , un amalgame d'accusations inexactes.

dans son article

Dans son article Madame Padovani dénonce les « colonels d'Alleanza Nazionale [AN], le parti prétendument post-fasciste » allié de Berlusconi, coupables de vouloir réhabiliter le fascisme. Elle évite de dire que le 13 septembre, dans un discours historique, le leader d'AN et Président de la Chambre des députés, Dernier exemple en date d’un processus de modernisation de son parti, sans citer son appel récent pour le droit de vote des immigrés. Pourquoi occulter une information aussi précieuse, Madame Padovani ?

Gianfranco Fini, a invité la droite italienne à épouser "les valeurs de l'anti-fascisme".

Deuxième inexactitude, l’auteure parle du « fichage des Roms, avec la prise d'empreintes digitales des mineurs » et – en citant les déclarations du commissaire pour les droits de l'homme au Conseil de l'Europe, Thomas Hammarberg, qui remontent au 20 juillet – elle conclue : « La tolérance zéro à l'italienne n'a pas forcément l'agrément de tous les Européens ». Dommage que, depuis le mois de juillet, dans les mesures du gouvernement italien prise à l’encontre des nomades et non pas des roms ().

l'Union européenne ait reconnu, avec un communiqué du 4 septembre du commissaire Jacques Barrot, qu’il n’y avait « rien de discriminatoire » voir les précisions de Jacques Barrot

Troisièmement, Berlusconi jouirait d’une « domination quasi-totale de la presse ». C’est oublier que les journaux à grand tirage, dont Madame Padovani ne cite que Repubblica, ne sont aucunement « alignés ». Allez dire à Giovanni Sartori, éminent professeur en Sciences Politique et signature de renom du Corriere della Sera qu’il est « aligné » et vous verrez !Le professeur Sartori fait en effet partie de ceux qui, en Italie, sont reconnu pour la finesse de leur analyse – le plus souvent très critique – du gouvernement Berlusconi. C’est à cette critique – très argumentée, souvent complexe mais, ô combien, instructive – qu’il vaudrait mieux donner de la place, si on veut faire du bon journalisme. Si, au contraire, on préfère bercer ses lecteurs dans le confort des idées reçues et des simplifications sur ce que vous appellez le « régime » berlusconien, continuez comme ça Madame Padovani !Ensuite, c'est aussi une question générationnelle. Ceux qui connaissent ce blog savent que nous, membres de l'eurogénération, grâce aux voyages, à l'Erasmus et à la mobilité, nous avons pu développer une connaissance de l'Europe qui est tout sauf "l'étranger" pour nous. Pour nous, gare aux simplifications et aux stéréotypes ! D'ailleurs, l'article en question faisait partie de la section "Monde" du Nouvel Obs. Si un pays avec lequel la France partage la même monnaie et les mêmes frontières (espace Schengen) est rangé dans la rubrique international... !!!

Post Scriptum.

J'ai modifié les liens, ils marchent maintenant.

Post Scriptum 2.