La poésie bilingue de Rafael Alberti

Article publié le 14 novembre 2007
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Article publié le 14 novembre 2007
Il fut un voyageur constant et, malgré lui, un exilé encore plus constant, à cause de son appartenance au Parti Communiste d'Espagne et sa participation active pendant la guerre civile espagnole (1936-1939) en faveur de la II République.
Rafael Alberti (1902-1999) fut le poète espagnol qui représente le mieux les tribulations et les aventures littéraires, sociales et politiques du XX siècle espagnol. Il joua, avec Federico García Lorca, un rôle animateur central parmi la “Génération artistique du 27”, à laquelle appartennaient aussi des gens tels que Luís Buñuel, Salvador Dalí ou García Lorca. Dans un plan international il agit comme trait d'union entre les grands intéllectuels européens, tels que Pablo Neruda, Vinicius de Moraes, Louis Aragon, Elsa Triolet, Picasso, Ilia Ehremburg et autres. Il ne finit jamais ses études secondaires, mais à part poète il fut peintre, écrivain, scénariste et, pendant la guerre civile espagnole, le responsable de sauver les tableaux du Musée du Prado des bombardements de l'aviation franquiste. Il fut un voyageur constant et, malgré lui, un exilé encore plus constant, à cause de son appartenance au Parti Communiste d'Espagne et sa participation active pendant la guerre civile espagnole (1936-1939) en faveur de la II République. Son exile dura 38 ans, dont presque un an à Paris et 14 ans à Rome. Ceci l'invita, en coherence avec son caractère explorateur et éclectique, à écrire des recueils où il mélangeait des langues ou, directement, qui paraissaient en double version originale. D'abord, , et plus tard , dont nous publions à continuation une paire d'extraits.

Rafael Alberti à son retour de l'exil (Photo, Agencia EFE)Vida Bilingüe de un refugiado español en FranciaRoma, peligro para caminates

(Es la Francia de Daladier, de Leon Blum y de Bonnet, la que aplaude a Franco en el cine, la Francia des Actualités.) ¡Qué terror, qué terror, allá lejos! La sangre quita el sueño, hasta a la mar la sangre quita el sueño. Nada puede dormir. Nadie puede dormir. …Y el miércoles del Havre sale un barco, y este triste allá lejos se quedará más lejos. –Yo a Chile, yo a la URSS, yo a Colombia, yo a México. Yo a México con J. Bergamín. ¿Es que llegamos al final del fin o que algo nuevo comienza? –Un café crème, garçon. Avez-vous «Ce Soir»? Es la vida de la emigración

y un gran trabajo cultural. NOCTURNO Toma y toma la llave de Roma, porque en Roma hay una calle, en la calle hay una casa, en la casa hay una alcoba, en la alcoba hay una cama, en la cama hay una dama, una dama enamorada, que toma la llave, que deja la cama, que deja la alcoba, que deja la casa, que sale a la calle, que toma una espada, que corre en la noche, matando al que pasa, que vuelve a su calle, que vuelve a su casa, que sube a su alcoba, que se entra en su cama, que esconde la llave, que esconde la espada, quedándose Roma sin gente que pasa, sin muerte y sin noche, sin llave y sin dama. NOTTURNO (Version en italien élaborée par Vittorio Bodini) Tieni, tieni la chiave di Roma, perché in Roma c'è una via, nella via c'è una casa, nella casa c'è una stanza, nella stanza c'è un letto, nel letto c'è una dama, una dama innamorata, che prende la chiave, che lascia il letto, che lascia la stanza, che lascia la casa, che va per la via, che prende una spada, che corre di notte e uccide chi passa, che torna nella via, che torna nella casa, che sale alla stanza, che entra nel letto, che nasconde la chiave, che nasconde la spada, e Roma resta senza gente che passa, senza morte e senza notte, senza chiave e senza dama. À son retour en Espagne en 1977, en descendant de l'avion devant un grand rassemblement de journalistes, il pronnonça la phrase qui a défini plus tard l'esprit de la transition pacifique vers la démocratie en Espagne: “J'ai quitté l'Espagne avec le poing fermé et je retourne avec la main ouverte en signe de concorde entre tous les espagnols”. Première interview à Rafael Alberti en télévisión à son retour de l'exile: il confond encore des mots italiens et espagnols. Lisez notre article spécial avec Mª Asunción Mateo, veuve du poète et responsable de la Fundación Rafael Alberti, le 16 décembre, en commémoration du 105º anniversaire de ce mythe du Xxe siècle espagnol.