La playlist européenne : on monte le son contre la peine de mort

Article publié le 12 octobre 2015
Article publié le 12 octobre 2015

Attention cet article n'est paru dans aucun groupe du magazine et n'a donc fait l'objet d'aucune relecture.

Depuis 2003, le 10 octobre est la Journée mondiale contre la peine de mort. Malgré le récent appel du pape François devant le Congrès américain, l'exécution de Kelly Gissendaner a bien eu lieu tandis que deux autres exécutions ont été reportées. Ainsi, nous aussi, nous crions « Non » à la peine de mort grâce au langage universel de la musique (et du cinéma).

Les Bahamas, le Lesotho, d'autres petits États. Mais pas seulement. Selon Amnesty International, en 2015, 58 pays appliquent encore la peine de mort parmi lesquels des nations influentes telles que la Chine, l'Inde et l'Arabie saoudite, ou le Japon et les États-Unis – qui reconnaissent pourtant les droits de l'homme. Les États-Unis, qui portent souvent les espoirs démocratiques du monde, suscitent dans le cas présent incrédulité et indignation. D'autant plus lorsque même l'appel du pape François devant le Congrès reste sans réponse : quelques jours plus tard, Kelly Gissendaner était exécutée. Quant au report de deux autres sentences capitales en Oklahoma et en Virginie, cela ressemble plutôt à une simple manœuvre diplomatique en direction du Saint-Siège qu'à une réelle prise de position.

Fabrizio de André, La ballata degli impiccati

C'est pourquoi nous voulons, nous aussi, clamer haut et fort notre opposition à la peine de mort en montant le son. On démarre en Italie avec La Ballata degli Impiccati, de l'un des plus célèbres chanteurs italiens. En l'écoutant, on ne peut être que saisi par la phrase :« Il prezzo fu la vita / per il male fatto in un'ora » (le prix fut la vie / pour le mal fait en une heure). Cette phrase résume en partie le sens de la chanson qui, entre l'atmosphère country et les scènes décrites, a comme un air de western. S'il est peu probable que Fabrizio de André parle du Texas, la musique possède tout de même cette valeur universelle.

Queen, Bohemian Rhapsody

Destination l'Angleterre avec Bohemian Rhapsody de Queen : une chanson innovante aussi bien dans la forme que dans la signification. « Maman, je viens de tuer un homme / J'ai mis un pistolet contre sa tête / J'ai appuyé sur la détente et maintenant il est mort / Maman, la vie venait de commencer / Mais maintenant je suis parti et j'ai jeté tout cela / Maman, je n'avais pas l'intention de te faire pleurer ». Dans son premier clip, le groupe illustre le cycle de violence et de souffrance causé par la peine de mort.

Björk, 107 Steps

Passage par le froid pays qu'est l'Islande, avec 107 Steps de Björk. La chanteuse raconte le chemin d'une condamnée vers la mort. Le morceau fait partie de la bande originale du film Dancer in the Dark, dans lequel Björk est l'actrice principale, incarnant une condamnée à la peine capitale. Le septième art aussi prend position.

Bruce Springsteen, Dead Man Walking

Mais, on retrouve également dans cette liste la même Amérique qui est au cœur des sentiments de colère, d'effroi, d'incrédulité et de désapprobation face à la peine de mort. Ainsi, nombreux sont les intellectuels, les artistes et les cinéastes à avoir fait entendre leur voix. Dead Man Walking de Tim Robbins est peut-être LE film qui a fait prendre conscience au grand public des conséquences d'une telle pratique. S'il y a un morceau de la bande originale à écouter : The Boss de Bruce Springsteen.

Radiohead, How to Disappear Completely

Enfin, pour vraiment comprendre, il suffit de voir l'ultime scène de Dead Man Walking, avec Sean Penn et Susan Sarandon. Radiohead, dans sa chanson How to Disappear Completely, entonne : « Je ne suis pas là / Ce n'est pas en train de se produire ». Accompagnée des images, l'ensemble fait froid dans le dos. Le message, que seul la meilleure musique et le meilleur cinéma peuvent transmettre, est clair : non à la peine de mort.