La playlist de la semaine : Fuck you Frontex

Article publié le 18 mai 2015
Article publié le 18 mai 2015

Depuis que des millers de personnes ont péri en mer en tentant de rejoindre l'Europe, les pays du Vieux Continent n'en finissent plus de s'écharper sur les solutions à mettre en oeuvre. Quotas ou pas, ce qui est sûr, c'est que Frontex devrait avoir de moins en moins de lattitudes. Et ce, pour le plus grands bonheurs d'artistes qui veulent « chanter pour ceux ».

Embrace - « Refugees »(2014)

La chanson du groupe de rock anglais alternatif Embrace, sortie en janvier 2014 est une tentative poétique de présenter le voyage depuis la perspective d'un migrant. Le slogan de la chanson renvoie à Picasso en personne : « Les politiciens mentent pour couvrir la vérité. Les artistes disent des mensonges qui nous apprennent à comprendre la vérité », c'est ce qui est raconté dans « Refugees ».

Tocotronic - « Fuck you Frontex »

Pour Dirk du Lowtzow, le chanteur du groupe allemand Tocotronic, « politique et esthétique »  ne sont pas dissociables. Même si « Fuck you Frontex » - un appel plutôt direct au travail de l'Agence européenne pour la gestion de la coopération opérationnelle aux frontières extérieures - a été posté en janvier 2014, il est plus actuel que jamais après les drames en Méditerranée de ces dernières semaines. Tante Pop recommande : « Pour la prochaine minute de silence au Bundestag, veuillez engager Dirk des Lowtzow au lieu de Wolf Biermann (poète allemand, ndlr). »

Manu Chao - « Clandestino »

« Perdido en el corazon - De la grande Babylon » - même les plus nuls en langue peuvent chanter ça. 15 ans se sont écoulés depuis que le Français Manu Chao a sorti son premier album solo Clandestino avec le titre phare du même nom. « J'ai abandonné ma vie entre Ceuta et Gibraltar. Je suis un trait sur la mer. Un fantôme dans la ville. Ma vie est interdite, disent les autorités. »

Zweierpasch - « Immigré »

« D'abord 400 réfugiés libyens qui se noient, puis 15 Nigérians et Ghanéens qui sont jetés par-dessus bord à cause de leur foi. Hé le monde, qu'est-ce-qui se passe? », demandent Till et Felix, du groupe de hip-hop franco-allemand Zweierpasch sur leur page Facebook. Leur chanson « Immigré », enregistrée en 2013, avec le rappeur mauritanien Ziza, est en 2015 plus actuelle que jamais.

Chambao - « Papeles mojados »

Le nom du groupe est une référence aux huttes andalouses très simples, seulement composées de baguettes de bois, dans lesquelles il fait bon se reposer. Le groupe, qui mélange le flamenco et le post-moderne, s'est lancé en 2003 avec un premier album dans la ville espagnole de Malaga. La chanson « Papeles mojados » (papiers mouillés) de l'album Con otro aire (2007) raconte le voyage des immigrants, durant lequel ils risquent leur vie : « Beaucoup d'entre eux n'arrivent jamais. Leurs rêves disparaissent. Papiers humides, papiers sans propriétaires. »

Die Toten Hosen - « Europa »

« Ils viennent par milliers, mais la plupart. N'atteindra jamais la Terre Promise. Mais les patrouilles les reprendront. Pour les déporter de notre part. Et le reste se noiera. Dans les charniers de la Méditerranée. » Ballast de la République c'est ainsi que s'appelle le 15ème Album studio des Toten Hosen qui contient aussi cette chanson pour les réfugiés des bateaux à Lampedusa. « Tout est fait pour empêcher les autres de venir ici », affirme le membre du groupe Breiti de l'organisation ProAsyl qui soutient les Toten Hosen depuis des années.

Il teatro degli Orrori - « Non vedo l'ora »

« J'emmène la faim et la misère […], ma guerre civile, même si je les donnerais volontiers à quelqu'un d'autre. J'emmène le sourire de ma mère, même si je ne pouvais voir que de la peur dans son visage. » « Non vedo l'ora » (« Je regarde vers l'avant ») est la deuxième chanson de l'album rock Il mondo nuovo du groupe italien qui est entièrement consacré au thème de l'immigration.