La mondialisation pour les patrons, le chômage pour les salariés… L’affaire Periflex Consulting

Article publié le 9 septembre 2015
Article publié le 9 septembre 2015

Attention cet article n'est paru dans aucun groupe du magazine et n'a donc fait l'objet d'aucune relecture.

Les employeurs localisent leur société et leur argent où ils le souhaitent, les employés, eux n’ont pas le choix, le chômage… L’histoire de Periflex Consulting est édifiante et classique à la fois…

Une étrange faillite

Avec un taux de chômage à plus de 10%, la Belgique n’est pas le plus mauvais élève de la classe européenne, mais le chiffre reste tout de même extrêmement élevé. Alors, lorsque l’on est licencié, comme partout ailleurs, il n’est pas facile de retrouver un emploi. Lorsque le patron de Periflex Consulting, Alfons Van Pelt, a décidé de se déclarer en faillite à la fin de l’année dernière, le choc a été important pour les salariés de cette PME. Une employée restée dix années dans l’entreprise soupçonne son ex patron d’avoir organisé une faillite frauduleuse et avoue n’avoir jamais su ce qu’il y avait derrière Periflex: « En plus nous n’y comprenions rien, il y avait beaucoup trop de sorties d’argent par rapport aux entrées. » Elle ajoute : «  Le siège social de Periflex était au Luxembourg, mais il n’y avait aucune activité là-bas. Je pense que c’était seulement une boîte à lettres. Il y avait aussi une filiale à Singapour, mais le patron disait qu’elle ne démarrait pas. »

D’après cette dame, avant de créer Periflex, Alfons Van Pelt avait toujours travaillé pour la messagerie express UPS. Et Periflex n’a toujours eu qu’un seul client: UPS ! Elle raconte que lorsque le personnel d’UPS du Luxembourg se rendait en Belgique pour visiter la société, le bureau  d’Alfons Van Pelt était vidé et son nom dissimulé ! Tous les salariés de Periflex ont été obligés de signer un contrat de confidentialité avec une amende de 10 000 euros à la clé. On comprend mieux pourquoi cette personne souhaite rester anonyme. Aujourd’hui, cela fait plus de six mois qu’elle cherche un nouvel emploi mais n’a toujours rien trouvé, comme les autres salariés.

La mondialisation heureuse

Une galère que ne partage pas Alfons Van Pelt. Si les salariés sont dans la mouise, ce n’est pas son cas. Malgré sa faillite enregistrée le 1er janvier dernier, Alfons Van Pelt continue de rouler en Porsche et de vivre tout à fait décemment au nez et à la barbe de ces anciens employés. Mais comme le dit cette nouvelle chômeuse : « Notre patron avait beaucoup d’argent, il se rendait souvent dans les banques du Luxembourg. » C’est ce qu’on appelle « la faillite frauduleuse de la mondialisation heureuse… »