La monarchie belge, inconnue au bataillon européen

Article publié le 31 mars 2008
Article publié le 31 mars 2008
par Françoise Peiffer et Sophie Wanufel
Drapeaux.JPGBruxelles, capitale de l’Europe mais aussi de la Belgique, compte plus d’un million d’habitants. Parmi ceux-ci, environ 20000 expatriés. La plupart d’entre eux sont fonctionnaires européens et s’expriment en anglais. Ils vivent, travaillent et se rassemblent aux alentours de la place du Luxembourg. Ils semblent vivre en vase clos et forment une sorte de communauté indépendante de Bruxelles. À tel point que, pour un grand nombre d’entre eux, la Belgique, ses institutions et son fonctionnement restent un grand mystère. Ils n’ont pas le temps ni sans doute l’occasion d’être en contact avec la population belge. La langue est plus que probablement un obstacle à leur intégration.

« Euh le roi des Belges ? Bonne question ! »

Aussi surprenant que cela puisse paraître, la majorité des expatriés à Bruxelles ne connaît pas le nom de notre roi. Il y a ceux qui n’en ont aucune idée, ceux qui pensent que la Belgique est une république dirigée par Guy Verhofstadt, ceux qui se rappellent vaguement d’un cours d’histoire « Léopold ? Philippe ? Baudouin ? ». Rares sont ceux qui citent Albert. La « princesse » Paola est toutefois connue des Italiens. Même nos plus proches voisins ignorent le nom de notre souverain.

Pourquoi ce désintérêt ?

Si autant d’expatriés ne connaissent pas notre monarchie, ce n’est pas parce que la Belgique et son histoire ne les intéressent pas. D’abord, ils sont davantage attirés par l’actualité de leur pays d’origine ; ensuite, ils ne maîtrisent pas forcément le français ou le néerlandais ; enfin, le fait d’évoluer au sein de la bulle européenne les isole de la vie bruxelloise. Certains eurocrates regrettent de ne pas avoir plus de contacts avec la population locale et de rester confinés dans le quartier européen et les « pubs », cafés anglophones. « La complexité de votre système politique ne nous encourage pas à vouloir comprendre le fonctionnement de la Belgique, il y a trop de niveaux de pouvoir, on ne s’y retrouve plus » ajoute un eurodéputé italien. « Chez nous, on vote soit pour la gauche, soit pour la droite : c’est plus clair ».

Monarchie ou république ?

Comme l’explique une fonctionnaire espagnole, une grande majorité des expatriés est plutôt favorable à une république. Le système monarchique leur paraît désuet, vieux jeu et incompatible avec la démocratie moderne. Le président de la république est élu par le peuple, alors que le souverain a un pouvoir de droit divin. « Il est né avec une cuillère en argent dans la bouche » précise une jeune française. Malgré le fait qu’il n’ait qu’un pouvoir de représentation et pas de réel pouvoir politique, Albert II a joué un rôle fédérateur et modérateur dans les grands moments de crises. « Je pense que pour la Belgique c’est mieux d’avoir une monarchie, parce que cela permet d’unifier le pays, avec tous les problèmes que vous connaissez » conclut une fonctionnaire allemande.

Albert II, roi belge mais aussi tout un symbole

Même si le roi n’est pas perçu de la même manière au nord et au sud du pays, les Belges et particulièrement les Wallons apprécient le roi. Ceux-ci lui manifestent un attachement fort. La plupart d’entre eux estiment que la monarchie est indispensable à la survie d’une Belgique unie. L’Europe, cette « république géante », sans cesse grandissante, risque de limiter encore la connaissance de la monarchie belge par les eurocrates issus des 27 et des futurs pays entrants... Un Bulgare ou un Turc s’intéressera-t-il au pouvoir de la monarchie d’un petit pays noyé au sein de l’Union européenne ?