La marée bleue venue pour rester

Article publié le 5 novembre 2014
Article publié le 5 novembre 2014

Avec leurs chapeaux bleus bien voyants, ils sont faciles à repérer. Ils se baladent dans les institutions européennes comme s'ils y étaient nés. Hier soir, ils étaient fiers de voir leurs noms projetés sur le bâtiment du Conseil de l'Europe dans un spectacle lumineux conçu par le collectif artistique Ososphère. Ce sont les jeunes choisis pour participer au Forum mondial de la Démocratie.

Avec leurs chapeaux bleus bien voyants, ils sont faciles à repérer. Ils se baladent dans les institutions européennes comme s'ils y étaient nés. Hier soir, ils étaient fiers de voir leurs noms projetés sur le bâtiment du Conseil de l'Europe dans un spectacle lumineux conçu par le collectif artistique Ososphère. Ce sont les jeunes choisis par cette organisation internationale pour représenter, au cours de cette troisième édition du Forum mondial de la Démocratie, inaugurée hier à Strasbourg, toute une génération d'espoirs brisés par la crise ou par les conflits qui frappent leurs pays. Ils sont socialement actifs, maîtrisent les nouvelles technologies, le monde dans lequel ils vivent ne leur plaît pas et ils sont venus pour rester.       

"Nous ne sommes pas le futur, nous sommes le présent", clamait ce matin Vinicius, un jeune journaliste brésilien, furieux. Ils ne veulent pas continuer à espérer. "Peu importe si dans 20 ans nous sommes encore assis là", pensait Mariya, une jeune Ukrainienne à qui la situation que traverse son pays n'a pu ôter le sourire, "nous ne serons plus jeunes", concluait-elle. Azer Hazret, du Azerbaijan Press Council, résumait ce matin tout cela à la perfection dans une question, lors de la table ronde ayant pour thème "Responsabiliser les jeunes en vue d'un changement démocratique ?" : "Combien d'entre vous seraient-ils prêts à s'éloigner pour laisser la place aux jeunes ?" Les applaudisssements unanimes en disent long de cette marée bleue qui n'est pas prête à se taire.

Ces jeunes qui souffrent au quotidien des effets d'une démocratie "agonale", en lutte, comme les a qualifiés Chantal Mouffe, du Service des Relations Internationales de l'Université de Westminster, lors d'une intervention magistrale durant laquelle elle a plaidé pour créer des synergies avec les mouvements sociaux et pour doter les jeunes d'un projet qui leur permettrait de se sentir identifiés.

Ce sont eux qui vont expliquer à tous ces politiciens professionnels, si éloignés de la réalité et si responsables de cette même réalité, qu'ils ont déjà ce projet. Pendant des mois, ils ont débattu sur la démocratie qu'ils veulent et ont préparé quatre prototypes avec les éléments indispensables : la gouvernance, une économie centrée sur les êtres humains, le respect de l'environnement, l'égalité réelle des chances, et bien d'autres choses encore.

La jeunesse peut-elle revitaliser la démocratie ? C'est la question que pose cette troisième édition du Forum mondiale de la Démocratie. Eux n'en doutent pas : Bien sûr que oui, ils le peuvent ! Et ils le veulent !