La Louve : un supermarché collaboratif en 2015

Article publié le 8 avril 2014
Article publié le 8 avril 2014

En juin 2015 ou­vrira le pre­mier su­per­mar­ché col­la­bo­ra­tif en France, sur le mo­dèle du su­per­mar­ché Park Slope à Brook­lyn : La Louve. Un en­droit où le client est aussi cais­sier, et pro­prié­taire du su­per­mar­ché. 

« Nous vou­lons pou­voir ache­ter des pro­duits issus d’une agri­cul­ture pé­renne, res­pec­tueuse des sols, de l’eau et du vi­vant. » Noble vo­lonté de la part de deux amé­ri­cains, Tom Boothe et Brian Ho­ri­han, qui se sont lan­cés en 2010 dans le pro­jet d’un su­per­mar­ché col­la­bo­ra­tif à Paris au sein du 18e ar­ron­dis­se­ment, La Louve. Le prin­cipe est simple : c’est un su­per­mar­ché au­to­géré, dont les membres de l’as­so­cia­tion Les Amis de la Louve sont pro­prié­taires.

Tous les adhé­rents mettent la main à la pâte

Pour pou­voir pra­ti­quer des prix bas avec des pro­duits bios, de qua­lité, issus de l’agri­cul­ture lo­cale, tous les adhé­rents col­la­borent à la bonne tenue du su­per­mar­ché. Les clients, membres de l’as­so­cia­tion, donnent un peu de leur temps pour y tra­vailler, à rai­son de trois heures par mois. Dès l’ins­crip­tion, il est pos­sible de choi­sir sa tranche ho­raire et son tra­vail comme la caisse, le net­toyage ou la ré­cep­tion des pro­duits par exemple. De cette façon, le coût de la main d’œuvre est ré­duit de 75 %, ce qui per­met aux prix d’être ac­ces­sibles et aux pro­duc­teurs d’être payés cor­rec­te­ment.

Le prin­cipe de La Louve

L’exemple de New York

C’est à Brook­lyn qu’est née cette idée. La co­opé­ra­tive ali­men­taire de Park Slope (du nom du quar­tier) a ou­vert dans les an­nées 1970, et compte 16 000 membres. Et elle marche très très bien ! En 2010, alors que les États-Unis su­bis­saient les ré­per­cus­sions de la crise fi­nan­cières, la co­opé­ra­tive se por­tait comme une fleur, dé­bor­dée même par le nombre de de­mandes d’adhé­sion. À Paris, La Louve tra­vaillera en étroite col­la­bo­ra­tion avec Park Slope, pour que le suc­cès soit as­suré.

Re­por­tage sur la Park Slope Food Coop

42 000 euros ré­col­tés

Un appel aux dons a été lancé, et 1051 per­sonnes se sont ren­dus sur la pla­te­forme de crowd­fun­ding Kiss Kiss Bank Bank pour faire une contri­bu­tion. Le pro­jet a trouvé son pu­blic, puisque 42 000 euros ont été réunis pour per­mettre l’ou­ver­ture du su­per­mar­ché. Ce qui prouve deux choses (qui étaient sû­re­ment déjà bien éta­blies) : les Pa­ri­siens sont de plus en plus exi­geants en ce qui concerne la qua­lité de leur nour­ri­ture (en té­moigne la mul­ti­tude de ma­ga­sins bios qui poussent dans la ca­pi­tale), et il y a un ave­nir dans l’éco­no­mie so­li­daire (à Paris en tout cas) !