La leçon du piano

Article publié le 14 mars 2011
Article publié le 14 mars 2011
par Aurélie Pirkenne Ancienne directrice générale de l'Orchestre philharmonique de Wrocław et pianiste chevronnée, Lidia Joanna Geringer de Oedenberg n’est pas, comme son nom à rallonge pourrait le laisser penser, une royaltie sans couleur de la vieille Europe. Au contraire.
Au sourire enjoué, cette quinquagénaire polonaise est eurodéputée pour l’Alliance progressiste des socialistes et démocrates et aime son travail autant que la musique. Portrait.

Lidia Geringer n’est pas une eurodéputée comme les autres. Elle n’a pas réellement suivi de partition. « Je n’ai jamais vraiment été dans la politique, ni membre d’un parti. Je suis tombée dedans un peu par hasard. À côté de mes études de gestion et d’informatique, j’ai toujours aimé les arts, notamment la musique. J’ai joué du piano durant 12 ans. Quand j’étais plus jeune, je me disais que cela ne servirait à rien. Par la suite, je me suis rendu compte que cela a été réellement positif en terme de travail, d’apprentissage, de discipline », explique Lidia Geringer.

Entre la musique et l’Europe, il n’y a pas eu qu’un pas. « Grâce à la musique, je suis devenue connue. Wroclaw TV m’a donc proposé le poste de présentatrice d’une émission culturelle. Suite à cela, aux dernières élections, le Parti socialiste m’a proposé de me présenter aux élections européennes. J’ai accepté, et j’ai gagné », sourit-elle.

Depuis ses débuts au Parlement, Mme Geringer est aussi appliquée dans la vie européenne qu’elle l’a été dans l’apprentissage de la musique. Elle passe sa semaine entre Strasbourg et Bruxelles et rentre en Pologne durant les weekends. Bien que son agenda soit bien chargé, l’europarlementaire n’abandonne pas sa passion première. « J’ai toujours un piano à queue chez moi et je joue encore de temps en temps », explique-t-elle.

Son engouement pour l’Europe s’explique simplement. « Quand j’étais jeune, et que la Pologne faisait partie de l’URSS, cela me paraissait impossible de pouvoir un jour sortir de cette structure. On regardait l’Europe, et on l’enviait de sa stabilité. Aujourd’hui, grâce à l’Union, nous avons la paix, et ça, c’est incroyable. La guerre a été éliminée. On n’en parle pas assez », poursuit-elle. Les quelques fausses notes de son pays lui ont donné l’intime conviction qu’une démocratie doit laisser le choix à ses citoyens.

Lidia Geringer a été nominée en 2008 au prix du meilleur député européen pour son engagement personnel. Elle a aussi été la députée polonaise la plus active lors de son premier mandat, entre 2005 et 2009. « Ici, on peut vraiment réaliser quelque chose. C’est parfois un peu difficile de convaincre les autres de vous suivre, mais à force de travail, on peut y arriver », s’enthousiasme-t-elle.

Ces deux mandats au sein du Parlement ont donc été très riches pour Lidia Geringer. En ce qui concerne son meilleur souvenir, elle n’hésite pas un seul instant : « Ce qui m’a le plus marqué, c’est la nomination de Jerzy Buzek comme président du Parlement. Cela m’a réellement touchée. Quand j’étais plus jeune, je n’aurais jamais cru qu’un Polonais puisse arriver si loin ! »

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