La journée franco-allemande, une belle victoire de l'idéal européen

Article publié le 16 février 2009
Article publié le 16 février 2009
Qu'ils étaient loin les préjugés lors de la journée franco-allemande du 22 janvier 2009 ! Copains comme depuis l'Antiquité, Allemands et Français se sont retrouvés autour d'une manifestation originale, autour de divers thèmes comme les stages et les études en Allemagne, les contes de fées, les dialectes et les spécialités culinaires.
C'est donc tout naturellement que Le Puy de Babel s'est rendu sur place...

Le 22 janvier s'est donc déroulé, le matin, un petit déjeuner franco-allemand (avec dégustation de spécialités) ayant rencontré un vif succès puisqu'une trentaine de personnes étaient présentes dans le petit local de l'Espace Info Jeunes. L'après-midi, des thèmes étaient abordés par les étudiants du trop méconnu cursus franco-allemand : les stages, les études en Allemagne, les contes de fées, manger et boire en Bavière et en Auvergne... Le tout en partenariat avec la ville de Regensburg, à laquelle Clermont-Ferrand est jumelée.

Pour en savoir un peu plus, Le Puy de Babel a donc rencontré Dana Martin, maître de conférence en allemand à l'université Blaise-Pascal.

Pourquoi une journée franco-allemande ? Quelle est son origine ? La journée franco-allemande remonte en fait à 2003. Nous fêtions alors le quarantième anniversaire du traité de l'Élysée en 1963. Ce traité symbolisait pour nos deux pays un rapprochement accru et la finalisation de ce qui sera, je l'espère, une longue amitié ! Ce sont Jacques Chirac et Gerard Schroeder qui ont convenu ensemble de créer cette journée franco-allemande. Depuis, avec l'Office franco-allemand pour la jeunesse, nous organisons ce genre de journée partout en France et en Allemagne.

SL370028.JPGPar qui est-elle organisée ? La ville de Clermont est jumelée avec celle de Regensbrug en Bavière. En mai, nos étudiants du parcours franco-allemand iront la visiter. Chez les EFA (études franco-allemandes, NdR), il y a deux parcours mais nous voulions créer un lien autour d'un projet en liant davantage le groupe de Clermont et celui de Regensburg. C'est pourquoi nous avons crée e-TANDEM, un groupe destiné à coordonner ce genre de manifestation. Nos financements proviennent des associations partenaires, de l'université Blaise-Pascal, de la Maison des relations internationales, et du Service universitaire culturel. Le Club franco-allemand a l'habitude de monter le projet, mais c'est la première fois que nous organisons cette journée sous cette forme.

Les étudiants venus assister aux exposés et aux informations au CRDP.

En quoi consiste cette journée franco-allemande à Clermont ? Quelle est son utilité ? Il y a plusieurs buts à une telle journée. En premier lieu, nous désirons favoriser l'apprentissage de la langue allemande, car elle est en baisse dans les lycées et collèges français. Nous souhaitons également favoriser les contacts physiques entre allemands et français : n'oublions pas que l'Allemagne reste le premier partenaire économique de la France. Il nous faut donc faire reculer les préjugés et maintenir le réseau. Ce qui est paradoxal, c'est que de plus en plus d'entreprises cherchent des cadres capables de parler allemand pour la coopération transfrontalière. Dans le monde du travail, l'allemand est un plus.

Comment décririez-vous les préjugés dont vous parlez ? Pour l'allemand, le français repose sur trois choses : son bérêt, sa baguette de pain, sa bouteille de vin. Pour le français, l'allemand ne peut se déplacer sans sa choppe de bière, sa culotte bavaroise et sa violence innée (rires). Aujourd'hui, l'allemand comme le français sont surpris par nos cadres de vie réciproques. Cela peut paraître étrange, mais l'allemand est attiré par la France comme un pays glamour où le travail occupe une place très secondaire face aux loisirs et aux plaisirs de la vie. Mais une fois en France, les Allemands sont très surpris : les Français travaillent plus qu'eux ! La place des loisirs est moindre, le rythme est davantage soutenu. Les Français sont moins attirés par l'Allemagne. Pourtant, ils sont très surpris, mais dans le bon sens : les Allemands travaillent moins et la place des loisirs est plus importante ! Hé oui, les Allemands savent faire la fête ! (rires). Ces manifestations ont donc pour but d'éclairer l'autre, de le faire connaître. Aujourd'hui, il y a davantage de différences entre les générations qu'entre les espaces géographiques.

Comment envisagez-vous l'avenir d'une telle manifestation ? Tout ira en s'améliorant. Je suis confiante et optimiste. C'est déjà un succès d'avoir pu monter une telle journée. Les étudiants se sont beaucoup investis et y ont trouvé beaucoup de satisfaction. Nous activons des réseaux entre collègues, entre étudiants,. Le petit déjeuner a été un succès, l'exposition aussi. C'est évidemment à refaire selon un agenda progressif. La dynamique est lancée, il faut maintenant faire en sorte que ce genre de manifestation rentre dans les mentalités. Dans quelques années, ce sera chose faite.

SL370018.JPGC'est donc au détour d'une telle journée que nous pouvons prendre conscience du poids et de l'efficacité de l'amitié franco-allemande. Si lors des guerres passées nous nous sommes demandés comment nous en étions arrivés là, aujourd'hui, nous nous demandons surtout comment nous n'en sommes pas arrivés là... plus tôt !

Une étudiante du parcours franco-allemand présentant les spécialités culinaires bavaroises.