La Grèce entre 1903 et 1930 à travers l’objectif de Frédéric Boissonnas

Article publié le 30 janvier 2011
Article publié le 30 janvier 2011
Traduit du grec par Jean-Marc Laborie Les extraordinaires photos ci-dessous ont été prises par le philhelléniste suisse Frédéric Boissonnas. A partir de 1903 et durant trois décennies, Frédéric Boissonnas est le premier photographe étranger à avoir sillonné la Grèce et à avoir parcouru son territoire du nord au sud et d’est en ouest.

La relation du photographe suisse avec la Grèce s’est nouée grâce à une proposition de photographier le mont Parnasse, qui lui avait été faite par le Lord écossais Napier, impressionné qu’il était par les photographies des Alpes que Boissonnas avait réalisées.

Boissonnas était devenu célèbre en photographiant le Mont Blanc avec un téléobjectif fabriqué en Angleterre, car il était parvenu dans sa photographie à « séparer » le bleu du ciel du blanc de la neige. A l’heure du noir et blanc, c’était un exploit. Il pouvait ainsi dégager les lignes de crêtes sans aucune retouche, et a développé une photographie qui a fait le tour du monde.

Son premier voyage en Grèce a lieu en 1903, et il y revient en 1913 accompagné de Daniel Baud-Bovy, directeur de l’école des Beaux-arts de Genève. Il visite lors de son dernier voyage, en 1928-1930, la « Sainte Montagne », le Mont Athos.

Son œuvre sur la Grèce est considérée comme « d’avant garde mais déterminante » pour l’évolution de la photographie grecque au cours du XXe siècle. Dans ses photographies il présente la Grèce de l’entre-deux-guerres, et contribue par la même occasion à faire connaître notre pays au public européen. L’admiration qu’il vouait à la Grèce se reporte dans son œuvre en une affection perceptible.

En 1931 il écrit : « Ce peuple, autant sur les côtes que dans l’intérieur du pays, le pécheur d’Égine, l’agriculteur d’Argolide, le berger de Helmos ou du Parnasse, tout ce monde a un esprit si lucide, une telle bonté, une telle passion pour la liberté, une telle adoration de son passé, un tel attachement aux traditions anciennes ! » Tandis que son compagnon de voyage Daniel Baud-Bovy écrit de son côté : « En Grèce, là où les autres ne faisaient que chercher des ruines, nous nous découvrions une nature et un peuple. »

Pendant 30 ans il a été un de nos meilleurs ambassadeurs en parlant de nous, en montrant que nous sommes un peuple qui sait se réjouir, s’attrister et s’amuser même dans les périodes les plus difficiles.

Quelques-unes des photographies de Boissonnas.

Acropole, 1903

Athènes, rue Athinas, 1920

Athènes, rue Ermou, 1920

Athènes, quartier Plaka, 1920

Kifissia, faubourg nord d’Athènes, 1920

Andritsaina, marché, 1903

Andritsaina, intérieur de maison, 1903

Crète, Omalos, 1911

Crète, intérieur de maison, 1911

Ramassage des olives, Crète, Preveli, 1911

Météores, 1908

Météores, montée de Fred Boissonnas par le panier, 1908

Zemeno près de Corinthe, Fred et Daniel trinquent avec leurs guides, 1903

Akrata, 1903

Mont Athos, le monastère Megistis Lavras, 1929

Mont Athos, monastère Vatopaidiou, 1929

Corfiotes dans la campagne, 1903

Fête à Corfou, 1903

Mont Olympe, « Panthéon », 1914

Mont Olympe, bivouac d’éleveurs, 1914

Kokinopoulo, Elassona, 1913

Bergers au sommet du mont Parnasse, 1903

Amorgos, 1911

Edessa, 1908

Kleisoura près de Kastoria, intérieur d’une riche maison,1911

Garde devant sa guérite, Macédoine, 1913

Metsovo, 1913

Konitsa, mesoghefyra, 1913

Ioannina, le lac et la citadelle, 1913

Le pont d’Arta, 1913

Kastri près de Prévéza, prêtre dans l’église détruite par la guerre,1913

Parga, 1913

Paramythia, boucherie, 1913

Filiates, campagne,1913

Constantine M.