La France se fait encore taper sur les doigts

Article publié le 13 février 2008
Article publié le 13 février 2008
L'Union européenne sait se montrer clémente avec ses mauvais élèves comme la France, incapable de tenir ses engagements en matière budgétaire. Mais, une telle attitude commence à agacer... Le 11 février dernier, c'était un peu le conseil de classe redouté pour la France : l'eurogroupe.
Cette réunion qui rassemble les ministres européens de l'économie, devait aborder le dossier français et sa mauvaise conduite budgétaire.

Colère allemande

En avril 2007, le premier ministre Dominique de Villepin s'était engagé à faire passer le déficit français en dessous de la barre des 3% du PIB pour 2010. Une règle valable pour tous les pays de la zone euro.

Mais depuis l'élection de Nicolas Sarkozy, rien ne va plus. Ce dernier, à peine arrivé à l'Elysée, avait remis en cause cet engagement, reportant l'échéance en 2012...Une telle déclaration avait provoqué la colère de l'Allemagne.

Avec des si

A l'ordre du jour de la réunion de l'eurogroupe donc, une proposition qui devait sommer poliment la France à tenir parole : 2010 un point c'est tout.

Après discussion, la France s'en sort plutôt bien. Car si l'eurogroupe demande toujours un retour aux normes du pacte de stabilité pour 2010, elle le soumet à des « conditions cycliques » le permettant. Autrement dit : si l'économie française est soudainement prise d'une poussée de croissance.

Ce sera donc probablement 2012, vu la conjoncture internationale qui sévit en ce moment : crise des subprimes, risques de récession aux Etats-Unis, hausse du prix des matières premières et des hydrocarbures...

L'Europe l'avait dit...

Pour se justifier, la ministre française de l'économie, Christine Largarde met en avant un ralentissement des prévisions de croissance pour 2007-2008. Finalement ce ne sera pas 2,5% mais plutôt 2%.

Tiens, étrange ? Alors qu'en septembre, le gouvernement français s'obstinait à prêcher pour une croissance de 2,5%, Bruxelles et ses analystes prévoyaient déjà 2%, voire moins...ce qui n'empêchait pas la mise sur pied d'un budget 2008 tablant sur plus de 2%...Et maintenant on vient pleurer à l'eurogroupe ???

Agacement européen

Toutefois cette clémence de la part des partenaires de la France, n'est pas à prendre pour argent comptant. Certains partenaires de la France commencent à perdre patience.

Le président de l'eurogroupe, Jean-Claude Junker a déclaré que l’avis unanimement partagé est « que la France doit renforcer sa consolidation budgétaire et réduire le niveau de ses dettes », afin d’assurer « une marge de manœuvre suffisante » pour pouvoir faire rentrer son déficit dans les limites du pacte de stabilité, c'est-à-dire 3% du produit intérieur brut ». Selon lui, la France devra encore « accélérer les réformes structurelles de façon à diminuer le niveau très élevé des dépenses publiques ».

Le ministre des Finances néerlandais, Wouter Bros a ensuite fait une petite morale à la France : « La confiance des citoyens envers l’Europe grandira si toutes les règles que nous avons acceptées sont respectées par tous les pays, les petits comme les grands ».

Pour le moment, le discours officiel reste aimable...

La seule chose qui peut rassurer Paris, c'est que l'Italie s'est aussi fait rappeler à l'ordre. Même bétise, même punition.