La Finlande : la calligraphie, c'est fini

Article publié le 12 février 2015
Article publié le 12 février 2015

À partir de l'automne 2016, la Finlande cessera de donner des cours obligatoires d'écriture à la main et de calligraphie à l'école. À la place, l'enseignement de la dactylographie sur supports digitaux sera privilégié. Les stylos et les crayons finiront-ils par disparaître dans un futur proche ? Que signifie ce changement pour les plus petits ? 

En raison de la crainte et des critiques adressé par un pan du système éducatif, Minna Harmanen, responsable de l'Institut National de l'Éducation finlandais, a affirmé qu'à partir de 2016 ce type d'écriture ne sera plus obligatoire. La dactylographie sera en revanche enseignée, et ce depuis le commencement de la vie scolaire. Cependant, elle affirme qu'il est encore trop tôt pour en tirer des conclusions.                                          

Immédiatement après la publication de la nouvelle dans le quotidien finlandais Savon Sanomat à la fin de l'année 2014, tous les médias internationaux se sont fait écho et ont commencé à divulguer cette information. On y trouve toutes sortes d'opinion, des plus conservatrices qui sont pour l'usage de l'écriture traditionnelle (un papier, un crayon), aux plus futuristes en faveur des TIC (les Technologies de l'Information et de la Communication). L'idéal dans un système éducatif serait d'opter pour une combinaison des deux, en commençant toujours par l'apprentissage de la calligraphie, suivi par celui de la dactylographie, puisque cette dernière n'est pas si complexe et serait assimilée en quelques mois à peine.

La capacité à rédiger de manière appropriée et cohérente s'apprend grâce à l'apprentissage de la calligraphie et à sa pratique continue. Le fait d'écrire à la main stimule  notre cerveau et nous permet d'acquérir des compétences aussi bien dans la lecture que dans la critique, en plus d'exercer la mémoire. Des études, comme celle réalisée par Karin James, professeure à l'Université d'Indiana, valident cette théorie. Pour l'expérience, des enfants de 4 et 5 ans ont été divisés en deux groupes : le premier devait seulement reconnaître une série de lettres, tandis que le second devait les reproduire. Au terme de plusieurs semaines, Karin leur a fait passer un scanner du cerveau et a constaté une remarquable augmentation de l'activité chez les enfants qui avaient reproduit les lettres. 

Selon les responsables du système éducatif finlandais, on passe trop de temps à enseigner la calligraphie à un élève qui vient d'entrer à l'école. Surtout quand on sait que par la suite, dans sa vie quotidienne, il ne l'utilise presque pas. Son apprentissage implique un grand travail pour les plus petits dont la difficulté n'est pas la même pour tous. C'est pour cette principale raison qu'une partie du corps enseignant préfère investir plus d'heures dans l'apprentissage de la dactylographie. Au motif qu'en cessant d'écrire à la main, c'est comme si nous perdions une part importante de nous-mêmes.

Tout ce qui a été exposé antérieurement nous fait comprendre que ce qui prime n'est pas la formation personnelle des étudiants mais les perspectives professionnelle, soit la préparation dès le plus jeune âge à leur entrée dans le monde du travail. Cependant, les faire dépendre de plus en plus des nouvelles technologies est une grosse erreur qui aurait des répercussiones négatives. Les élèves doivent apprendre à être les plus autonomes possibles. Dans le cas contraire, ils courront le risque de ne pas savoir prendre de décisions.