La faiblesse de l'infrastructure énergétique européenne

Article publié le 9 mars 2011
Article publié le 9 mars 2011
Par Lorenzo Marchese, traduit par Simona Vieru Il est souvent considéré que pour maintenir l’électricité, l’Europe a besoin de se concentrer sur la garantie de l’accès aux ressources énergétiques, comme le pétrole et le gaz.
Cependant, le groupe de réflexion Security & Defence Agenda a mis en évidence un autre aspect problématique de la sécurité énergétique : son réseau de l’infrastructure énergétique. Luigi Rebuffi, l’intervenant principal pendant la conférence et PDG de European Organization for Security, un organisme qui représente une grande partie des fournisseurs de sécurité sur le marché européen, nous a donné un aperçu des aspects moins connus de la sécurité énergétique.

Quels sont les défis actuels en ce qui concerne la sécurité énergétique européenne ?

En matière de ressources, l’Europe détient une part croissante des énergies renouvelables et de la production des ressources nucléaires. Nous avons également ede bonnes relations avec d’autres pays pour nous procurer le gaz et le pétrole. Pourtant, nous avons observé que ce n’est pas seulement une question de ressources ; aujourd’hui, le souci porte sur la situation de l’infrastructure énergétique européenne. Nous observons de plus en plus qu’il y a un rapport unifiant entre les différents pays et secteurs, jusqu’au point de l’interdépendance. Les infrastructures énergétiques doivent travailler ensemble et être compatibles. Elles doivent fournir le transfert de l’énergie, tel l’électricité et les ressources. Toutefois, nous avons connu des cas où, à cause de l’incompatibilité, elles n’ont pas réussi à travailler ensemble ; parfois, elles sont obsolètes et doivent être renouvelées.

Quelle est la politique à adopter par l’Union européenne pour faire face aux défis de l’infrastructure ?

Jusqu’à présent, la politique adoptée par l’Union européenne a été de créer de nouvelles infrastructures pour la production et le transport de l’énergie, comme par exemple le gazoduc Nabucco. Et, selon moi, ce qui manque, c’est une politique concernant la protection de ces infrastructures. Il ne suffit pas seulement de construire des centrales atomiques ou des lignes de distributions, mais il faut aussi les protéger dès le début. Les systèmes de sécurité pour des infrastructures doivent être construits sur des projets. A présent, il n’y a pas de directives ou de politiques liées à ce problème. Il n’y a qu’une directive sur la protection des infrastructures critiques et celle-ci a besoin de définitions plus claires et d’une meilleure mise en œuvre.

Quel serait le rôle des fournisseurs privés de sécurité pour aider l’UE à faire face aux défis de leurs infrastructures énergétiques ?

Tout d’abord, conseiller les administrateurs et les organismes de contrôles publics nationaux sur la démarche à adopter, comme par exemple la méthodologie pour l’évaluation des risques et les plans d’urgence. Mais aussi approcher les opérateurs d’énergie et les aider à comprendre leurs besoins en matière de sécurité et apporter des solutions pour la faiblesse potentielle de leur réseau. Cela se fait d’une manière assez confidentielle et c’est la raison pour laquelle on n’en connaît pas trop.

Pensez-vous qu’à présent il y a un désaccord parmi les membres de l’UE en ce qui concerne la manière de sécuriser l’infrastructure énergétique ?

Il y a un désaccord au niveau européen et parmi les États membres. Cela concerne non seulement l’énergie, mais la sécurité en général également. Un exemple est la difficulté de mettre en œuvre la Directive européenne pour la Protection des Infrastructures critiques. La Commission européenne veut que la Directive soit mise en œuvre jusqu’en 2013, cependant il y a des États membres peu disposés ou incapables de reconnaître une infrastructure critique. Cet aspect nous éloigne considérablement de la mise en œuvre complète de la Directive.