La face cachée des Balkans 

Article publié le 2 mars 2015
Article publié le 2 mars 2015

Attention cet article n'est paru dans aucun groupe du magazine et n'a donc fait l'objet d'aucune relecture.

L'image internationale des Balkans n'est pas toujours positive. 

D'après Stanko Gregech, créateur du blog Vintage Balkans, il faudrait mettre en avant les passages historiques les plus glorieux de cette région pour empêcher que son image n'en soit réduite qu'aux tensions culturelles et nationalistes persistantes.

Les parents de Stanko Gregech sont nés à la frontière entre la Hongrie et la Croatiedans un petit village d'à peine 3 000 habitants faisant partie de la Yougoslavie depuis 1945.Ils décident d'immigrer en Australie vers la fin des années 50 et Stanko Gregech naît au début de leur voyageen 1958 alors qu'ils traversaient l'Europe de l'Ouest.

À sa naissance, il se trouve déjà loin de l'histoire tourmentée des Balkans mais il entreprend ensuite de raccourcir cette distance géographique et historique.

Stanko Gregeckcommence à apprendre le croate et étudie l'histoire de l'Europe à l'université d'Auckland en Nouvelle Zélande avant de retourner à ses origines. Après avoir parcouru la région pendant deux mois, il finit par s'installer sur la côte adriatique en Croatie, dans la ville de Rovinj.

Une documentation sur 120 années de vie balkanique

Cet intérêt profond pour ses origines a finalement abouti avec la création du blog Vintage Balkans, qui dépasse actuellement les 27 500 « j'aime » sur Facebook et qui sera lancé prochainement en tant que plate-forme web autonome.                                                                                                                     En dépit des traumatismes passés, les Balkans foisonnent d'éléments positifs qui attendent d'être partager. Le blog Vintage Balkans a donc pour objectif de montrer sous un nouveau jour les différents pays de cette régionet leur histoire sur ces 120 dernières années.                                   Conçu à l'origine pour cibler les populations des pays anglophones, le blog a progressivement commencé à intéresser les populations des Balkans, qui représentent aujourd’hui deux tiers des lecteurs. 

« Les commentaires que nous recevons des populations balkaniques nous révèlent que celles-ci ne voient pas toujours les points communs qui les relient à leurs voisins, explique Stanko Gregech. Leur conception de leur propre culture et pays est étroite. J'ai alors réalisé qu'il était non seulement nécessaire de montrer le côté positif de la région mais aussi de raconter son histoire d'une manière plus respectueuse et équilibrée. »

Plus le site est populaire, plus d'internautes y postent volontairement des éléments ou des liens vers de nouvelles sources. Cette page est principalement soutenue par StankoGregech, mais elle reçoit également la contribution de plusieurs collaborateurs, tels qu'Ivan Vasilev et James Crouchman en Bulgarie. Ce dernier, d'origine britannique, travaille actuellement sur un projet photographique dans le nord-ouest de la Bulgarie, une des régions les plus pauvres du pays, où il cherche à réinventer les traditions bulgares méconnues.

Une facette positive

D'après Stanko Gregech, il est évident que le terme Balkans est associé « aux conflits et aux guerres, aux politiques chaotiques et aux petits pays fragmentés qui éprouvent des difficultés à vivre à côté les uns des autres », comme cela avait déjà été démontré avec les conflits des années 90.                             Il précise que le blog ne renie pas les sombres événements qui se sont déroulés dans la région mais qu'il choisit juste de se baser sur des éléments différents pour raconter l'histoire de cette dernière.

« C'est vrai, beaucoup de choses horribles ont eu lieu dans la région, personne ne peut dire le contraire, admet Stanko Gregech. Cependant, il y a aussi tout un pan de l'histoire incroyablement riche et positif qui reste à raconter en ce qui concerne la culture et les traditions de la plupart des populations balkaniques. »

« Vous pouvez observer l'ensemble des influences existantes dans la région qui proviennent d'horizons multiples, ajoute-il, y compris celles des pays colonisateurs. Il suffit de penser au goulash hongrois, au schnitzel autrichien, aux kebabs et au café turcs. Qu'est-ce que seraient les Balkans sans tout ça ? Peu importe ce que l'on peut penser des politiques, l'histoire de la région des Balkans est un mélange fascinant de toutes ces influences qui font partie de la vie et de la mémoire de ses habitants. »

Cependant, des messages et des photos relatifs aux périodes historiques difficiles, comme en autre les conflits ou les révisions qui portaient sur le territoire d'un pays, provoquent souvent de fortes réactions de la part des lecteurs du blog Vintage Balkans. « Tout ce qui est lié par exemple à la Macédoine ou au Kosovo entraîne ce genre de commentaires, explique Stanko Gregech. Il en va de même quand on aborde le sujet des zones frontalières entre l'Albanie et la Grèce. »

« Le monde serait un endroit tellement pauvre sans le patrimoine culturel des Balkans, sans ses populations et ses pays si magnifiques et différents à la fois. Il y a tellement de choses à découvrir. » Et c'est vrai. Cette initiative est le premier pas vers une image plus juste et équilibrée des Balkans à travers le monde.