La crise ukrainienne au centre du débat au sommet de l’Union européenne

Article publié le 30 décembre 2014
Article publié le 30 décembre 2014

Jeudi 18 décembre, Donald Tusk, le nouveau chef du Conseil européen, a présidé son premier Sommet européen à Bruxelles. Au premier plan des débats : la crise en Ukraine et le plan d’investissement.

Quelques jours avant Noël, les leaders européens réunis à Bruxelles ont essayé de trouver des solutions aux problèmes de l’Union. Loin de la prise de décision, la rencontre s’est soldée par un nouveau cycle en politique européenne. Comme prévu, à l’agenda de ce sommet figuraient la question de la situation en Ukraine et le plan d’investissement de 315 milliards d’euros proposé par Juncker. Parmis les chefs d’État et de gouvernement, les points de vus diffèrent sur la manière dont l’Union Européenne devrait traiter avec la Russie. Cependant, les pays de l’Union s’opposent de façon unanime à l’intervention de Poutine dans les territoires voisins. Aucune nouvelle sanction contre la Russie n’a été décidée durant le sommet.

« Nous avons l’opportunité de donner des directives au Conseil. Il est impératif que nous respections l’agenda des réformes. Il est temps que l’UE concentre ses forces pour faire de l’Ukraine un succès, ce qui va nécessiter du travail à la fois à Kiev et à Bruxelles. Nous devons mettre en place une stratégie commune pour la Russie, comme l’a dit Donald Tusk. Nous nous sommes engagés sur cette voie ce soir et je suis prête à poursuivre dans ce sens avec les ministres des affaires étrangères en janvier, » a déclaré la chef de la diplomatie européenne, Federica Mogherini, pendant le sommet.

La situation en Ukraine est sans conteste un sujet sensible sur l’agenda européen. Cependant, parmi les mesures envisagées pour résoudre ce conflit, les chefs d’État et de gouvernement semblent privilégier une voie diplomatique plutôt qu’un durcissement des sanctions contre Moscou, montrant à la Russie les bénéfices qu’elle gagnerait à mettre fin à l’occupation de la Crimée. « Nous devons conserver les mesures actuelles jusqu’au changement d’attitude de la Russie et l’arrêt de son agression en Ukraine » a déclaré le premier ministre britannique David Cameron. Il a par ailleurs affirmé que « la porte est toujours ouverte si la Russie décide de changer d’attitude ».

Le nouveau président du Conseil, Donald Tusk, a déclaré que la Russie est devenue un « problème stratégique » pour l’Europe entière et pas seulement pour l’Ukraine. Selon lui, le plus grand défi que doit maintenant relever l’Europe est le rapprochement de la Russie non seulement avec l’Ukraine, mais aussi avec l’Europe.

Côté allemand, la chancelière Angela Merkel a clairement fait comprendre que l’UE ne lèverait pas ses sanctions contre la Russie à moins que Poutine ne change d’attitude. Comme David Cameron, Angela Merkel a rappelé que ces sanctions ont été imposées pour des raisons spécifiques et que de ce fait, elles pourront être assouplies dès que la situation se rétablira.

En ce qui concerne le Protocole de Minsk (un accord signé en septembre 2014 par les acteurs impliqués pour mettre fin à la guerre dans la région du Donbass en Ukraine), le président François Hollande et la chancelière Angela Merkel voudraient que des améliorations soient apportées à ce protocole et qu’elles soient soutenues par la Russie. De plus, le président Hollande a reconnu que les sanctions prises contre Poutine sont en partie responsables de la soudaine crise économique et monétaire qui a récemment secoué la Russie. Il assure que ce serait le meilleur moyen de résoudre le problème, Poutine étant complétement isolé sur la scène internationale.

L’UE a d’ores et déjà interdit les importations en provenance de la Crimée (à moins de disposer d’une autorisation ukrainienne) et a mis en place des restrictions à l’encontre des individus et d’importantes entreprises implantées dans la région. Les chefs d’État et de gouvernement envisagent un gel total des investissements européens en Crimée, tandis que les exportations en provenance de l’UE vers la Russie ont déjà été interdites. Poutine a répondu à cette sanction en cessant les échanges commerciaux avec l’UE, ce qui inquiète sérieusement les agriculteurs et l’Union Européenne.