La chose la plus difficile en politique

Article publié le 29 mai 2010
Article publié le 29 mai 2010
Text & Photos by Marie-Pierre Lenain Translation by Joana Cansado Carvalho La première réunion du Conseil européen depuis que le traité de Lisbonne est entré en vigueur a eu lieu le 11 février 2010 à Bruxelles et cela dans la célèbre Bibliothèque Solvay.

Ce fut la première fois que les chefs d'état ou de gouvernement de l’Union étaient réunis depuis qu’Herman Van Rompuy, Président du Conseil européen, a pris officiellement son bureau.

Selon le traité de Lisbonne, le Conseil européen devient une institution et définit les orientations politiques générales et les priorités de l'Union européenne. Il se compose des chefs d'état ou de gouvernement des 27 États membres, ainsi que de son Président et du Président de la Commission. Il est officiellement censé de se réunir deux fois en chaque présidence de six mois (quatre fois par an), convoqué par son Président. Toutefois, le Président peut convoquer des réunions extraordinaires du Conseil lorsque la situation l'exige.

La réunion qui se tenait le 11 février dernier fut une réunion informelle et a été convoquée par le Président du Conseil européen afin de discuter de la stratégie économique et de traiter des défis majeurs auxquels sont confrontés toutes les économies européennes. Ensuite, l'ordre du jour mentionnait discussions liées à l'évaluation de la conférence de Copenhague sur les changements climatiques, ainsi que de la capacité d'intervention d'urgence de l'Union européenne, en relation avec les événements dramatiques en Haïti.


Toutefois, les choses ne se passe pas toujours comme prévu. Le Président Van Rompuy a illustré parfaitement cette possibilité en citant l'ancien premier ministre du Royaume-Uni, Harold Macmillan. Connu pour son pragmatisme,  verve et flegme, sa réponse à la question « Quelle est la chose la plus difficile en politique? » était la suivante: « Les événements…  les événements, mon cher! ».

En effet, les événements souvent en décident autrement. La situation actuelle en Grèce a conduit le Conseil européen à remplacer plusieurs points de l'ordre du jour et incité les chefs d'état ou de gouvernement à envoyer un message politique clair basé sur deux dimensions :

Une dimension de responsabilité : le gouvernement grec doit prendre ses responsabilités et réduire son déficit budgétaire avec 4 % en 2010L' engagement politique : les États membres de la zone euro agiront de manière coordonnée, si besoin on était, à fin de préserver la stabilité financière dans la zone euro dans son ensemble. Il a été souligné que le gouvernement grec n'a pas demandé aucun soutien financier.

Au cours de la séance de questions, Van Rompuy, tout comme les chefs, a dû souligner plusieurs fois que le Conseil européen travaille uniquement sur les stratégies politiques pour construire une vision commune de l'UE, et n'exerce donc pas de fonctions législatives. On doit remarquer que cette institution est, en effet, différente du Conseil de l'Union européenne (où les ministres nationaux se rencontrent pour discuter et, conjointement avec le Parlement européen adopte des lois communautaires), autant que la Commission européenne propose la législation communautaire et est chargé de surveiller étroitement la mise en œuvre des objectifs communs.  


En outre, le Président Van Rompuy a proposé que le Conseil se réunisse plus régulièrement dans le future, éventuellement une fois par mois. Le Conseil européen s'affirme comme très ambitieux et a démontré sa volonté de commander la nouvelle stratégie économique et d’adresser des problèmes importants. Le Président Van Rompuy a conclu la séance avec ces mots: " J'ai l'impression que nous avons eu beaucoup de succès” et “ Je pense que c'était un premier sommet informel productif et réussi”.