La Chine est accro au charbon. Les chinois moins.

Article publié le 25 septembre 2015
Article publié le 25 septembre 2015

Attention cet article n'est paru dans aucun groupe du magazine et n'a donc fait l'objet d'aucune relecture.

«La dernière fois que j’étais à Pékin, chaque heure passée réduisait mon espérance de vie de 20 minutes», nous dit-il, «c’est comme si chaque homme, femme et enfant fumait 1,5 cigarette par heure». La pollution aux particules fines, qui s’infiltrent dans les poumons lorsqu’on respire dans une atmosphère polluée, est émise lors de la combustion incomplète d’hydrocarbures. C’est la pollution des voitures, mais surtout des centrales thermiques au charbon qui est la première source d’énergie de la Chine. En plus d’être le pire émetteur de CO2 par unité d’énergie produite, le charbon émet bien plus intensément que toutes les autres énergies carbonées (gaz, pétrole) ces poussières microscopiques qui entrent dans nos bronches.

Bien que le charbon soit une énergie bon marché, le coût sociétal de la pollution associée n’en fait pas une source d’énergie viable, ni même rentable à l’échelle d’une société par rapport aux énergies décarbonées. Or la consommation du charbon de la Chine a explosé entre 1990 et 2012, passant de 29 à 75% de son mix énergétique. En France, rappelons-le à titre de comparaison, la production d’EDF est à 98% décarbonnée.  La Chine annonce vouloir fermer ses centrales à charbon les plus polluantes pour en ouvrir de nouvelles, moins émettrices de CO2. Problème? D’après Sophie Lu, analyste financière chez Bloomberg New Energy, elle va en ouvrir 3 fois plus.

Pour la conférence sur le climat (COP 21) de cet hiver à Paris, la Chine affiche des ambitions louables: 20% d’énergies décarbonées pour 2030, contre moins de 11% aujourd’hui. Mais la Chine renoncera-t-elle au charbon très bon marché pour atteindre cet objectif?

Une alternative crédible peut être la mise en œuvre de centrales hydrauliques, à l’image de l’immense barrage des Trois Gorges, qui est de loin le plus grand au monde. Le potentiel de la Chine reste encore largement sous-exploité, mais ces ouvrages « propres » en termes d’émissions de carbone posent des problèmes en termes de perturbation des écosystèmes et surtout en termes sociaux. Le chantier des Trois Gordes a déplacé des dizaines de milliers de personnes qui ont vu leur village englouti par l’immense lac artificiel créé par le barrage. Politique environnementale certes, mais à quel prix social? Une autre solution peut être l’énergie nucléaire, qui est une énergie non-émettrice de gaz à effet de serre et peut fournir une puissance électrique importante, fiable et constante. Les acteurs chinois de la filière nucléaire ont lancé de gros programmes d’investissements et de nombreuses centrales sont en cours de construction ou en projet, dont certaines en coopération avec les français EDF et Areva. 

Un bon début, mais il y a urgence au vu de la situation sanitaire et environnementale.