La chasse à l'intox après le Brexit

Article publié le 5 juillet 2016
Article publié le 5 juillet 2016

Attention cet article n'est paru dans aucun groupe du magazine et n'a donc fait l'objet d'aucune relecture.

Les Britanniques ont choisi de quitter l'Union Européenne, on en a beaucoup entendu parler. Une liste des événements et des citations les plus surprenants après le référendum. 

Nigel Farage: Je n'ai jamais fait une telle promesse. 

Le fan numéro un du Brexit, dont la campagne en faveur du "Leave" a convaincu 52% des Britanniques, a répondu de manière surprenante quand on l'a interrogé au sujet des promesses faites par son camp. Selon le leader du parti populiste de droite Ukip, une bonne partie de l'argent jusque là versé à l'UE par la Grande-Bretagne pourrait être investie dans le National Health Service.

"Pouvez-vous garantir que les 350 millions de livres que nous n'aurons plus à verser à l'UE seront investies dans le NHS?"

"Non. Et je n'ai jamais fait une telle promesse."

C'est ainsi que Nigel Farage a répondu à une animatrice de 'Good Morning Britain' plutôt perplexe. Il aurait, selon ses propres termes, été "exclu" de la campagne en faveur du "Leave", et aurait dû, comme toujours, "se débrouiller tout seul." Les 350 millions additionnels pour le NHS n'étaient évidemment pas son idée, mais celle des partisans du "Leave". 

David Cameron (encore Premier ministre): Il n'est pas nécessaire de se précipiter

Celui qui, rappelons-le, avait lancé l'idée d'un référendum en 2014 avant les élections en Grande-Bretagne, a démissionné à la suite des résultats, mais ne quittera pas ses fonctions immédiatement pour assurer la stabilité du pays. 

„Je ferai tout ce qui est en mon pouvoir en tant que Premier ministre pour maintenir le navire à flot dans les semaines et les mois à venir. Mais je ne crois pas qu'il soit juste de chercher à rester le capitaine qui guidera notre pays vers son prochain port. Nous n'avons pas encore besoin d'un agenda concret, mais il me semble que nous devrions avoir un nouveau Premier ministre d'ici à l'ouverture de la conférence du parti conservateur en octobre." 

Les marchés financiers ont si bien réagi à cette décision historique, ça ne devrait pas poser de problème d'attendre quelques mois avant de prendre une décision. 

Les marchés financiers

La livre s'est effondrée de 11% vendredi matin, sous le seuil de 1,33 US$, son plus bas niveau depuis 1985, nous apprend le Spiegel. Les marchés mondiaux n'avaient pas connu un tel affolement depuis 2008, indique la BBC. Les premières études estiment à 4500 milliards d'euros les pertes causées par le Brexit. Pas de raison de paniquer, donc...

Boris Johnson: Le Brexit ne nous rend pas moins européens 

L'ancien maire de Londres s'est réjouit, bien que sans grand entrain, d'avoir enfin quitté l'Union Européenne, mais il ne veut pas voir diminué le rôle du Royaume-Uni en Europe:  

"Ne précipitons rien. Nous ne devons pas faire appel à l'article 50 [qui prévoit les modalités d'une sortie de l'UE]. Cela ne signifie pas que le Royaume-Uni sera moins uni ou moins européen." 

Le continent européen est en effet toujours là, mais l'Irlande du Nord et l'Écosse ne partagent vraisemblablement pas son avis.

Alle Mann von Deck

56% des Iralndais du Nord s'étant exprimés en faveur du maintien dans l'UE, il est probable que ceux-çi chercheront une issue à ce désastre. Googletrends nous apprend qu'à la suite du référendum, nombre d'utilisateurs ont cherché à s'informer sur les modalités d'obtention d'un passeport irlandais. La BBC  indique que cela est légalement possible, et on aurait déjà observé une recrudescence des demande de passeports en Irlande. 

Une tendance similaire se profile en Écosse. Selon Nicole Sturgeon, la Première ministre, un nouveau référendum sur l'indépendance de l'Écosse n'est pas à exclure. 62%  des Écossais se sont exprimés au sujet du référendum le 23 juin: 

"Il est inacceptable, du point de vue de la démocratie, que l'Écosse soit contrainte de quitter l'UE contre son gré."

Les différence d'âge

Il est notable que 75% des 18-24 ans ont voté pour le maintien dans l'UE, alors que 60% des plus de 60 ans ont voté pour la sortie de l'UE, un chiffre qui a causé la frustration de bien des jeunes électeurs, qui appellent à présent à organiser un nouveau référendum. 

Une journée éprouvante pour l'Europe et le monde entier 

Le référendum nous rappelle que nous ferions bien de faire la distinction entre les voix populistes et la réalité, surtout avec tous les partis radicaux qui souhaitent exploiter ce résultat pour convoquer des référendums dans leurs pays respectifs. Mais si les nationalistes peuvent "s'unir", les Européens en sont aussi capables.