La casse-tête des femmes sportifs en Iran

Article publié le 20 avril 2016
Article publié le 20 avril 2016

Faire du sport est un véritable casse-tête pour les femmes en Iran vu tous les obstacles que les mollahs misogynes leur imposent et les harcelements des patrouilles du vice.  Le vélo en province est franchement difficile à pratiquer, à Machad par exemple il est autorisé dans des rues bordées de murs de 3 mètres de haut, autant dire que les filles ne peuvent pas en faire. Des parcs aussi ont été interdits aux cyclistes féminins.

A Ispahan les filles se font insulter, voire agresser. Dans la capitale, très tôt dans les parcs, on voit des joggeuses ou des volleyeuses s'en donner à cœur joie avant l'arrivée, beaucoup plus tard, des patrouilles du vice. Dans les stations de ski proches de la capitale, les pistes hommes/femmes sont séparées et une police des meurs de la montagne a été mise en place. Malheur à celle qui lors des chutes de neige s'égarent sur la piste des hommes...

On taiera les frasques de celles qui se risquent au ski nautique, certes une minorité, contraintes de porter pantalon et imper en plastique fermés au chevilles et aux poignets par des élastiques. L'attirail se remplit, et au moment où tractée par le bateau, elles sortent laborieusement de l'eau, elles ressemblent à une bombonne avec 40 kg en plus....

Farnaz Esmaëlzadeh est championne d'escalade et d'alpinisme et remporte des médailles depuis des années en Iran. Elle a commencé à l'âge de 13 ans et cela fait douze ans qu'elle fait partie de l'équipe nationale. L'Iran est un pays de montagne et les filles pratiquent les sports d'altitude parce qu'à une certaine hauteur, il n'y a plus de milice pour les harceler.

Autant dire que sur les sommets, les foulards s'envolent et les femmes respirent. Farnaz n'a bénéficié d'aucune aide, comme beaucoup de sportives, parce qu'elle est une femme. "Personne ne m'a entrainée, j'ai tout appris toute seule" sur vidéo et dans des livres, explique-t-elle dans une interview sur Iran Wire, un site offciel, le 14 avril. Farnaz est confronté à la dure réalité du financement de son sport. En Iran pas de sponsor pour les sportives.

"Quand on fait de la compétition dans l'équipe nationale on est sportive professionnelle et on vit de ses talents. Mais pas en Iran. Moi je n'ai jamais été rémunérée", déplore-t-elle.  Même en qualité d'entraineur, elle n'a reçu aucun salaire. Elle a fait de la compétition au Canada et a remporté une médaille d'argent, et cependant c'est elle qui a dû payer son billet d'avion. La fédération n'a pas déboursé un centime pour cette "femme". "Je n'ai aucun sponsor. Les hommes n'ont aucun mal à en trouver. Tous les hommes de l'équipe nationale ont des sponsors, mais pas les femmes à cause de ce que nous portons pour grimper."  "En salle, la plupart des heures sont réservées aux hommes. Les murs d'escalade au gymnase existent partout à l'extérieur, mais les femmes ne sont pas autorisées à les utiliser ; ils avancent des problèmes de sécurité..."  "Il ne reste que trois semaines avant les compétitions mondiales, si je ne trouve pas de sponsors, je serai incapable d'y participer."

 Avec Iran Manif 

Farnaz Esmaëlzadeh à une compétition en Espagne