La carte de la semaine : La liberté de la presse européenne en péril

Article publié le 17 février 2015
Article publié le 17 février 2015

Selon l’édition 2015 du Classement mondial de la liberté de la presse, on observe une forte détérioration du statut de la liberté de l’information en 2014. Les deux tiers des 180 pays présents dans le classement ont de moins bons résultats que les années précédentes. La région regroupant Union européenne et Balkans est de loin la région où cette dégradation se fait le plus sentir en 2014.

Le Classement mondial de la liberté de la presse, publié par Reporters sans frontières, dépeint un tableau toujours plus négatif de l’état de la liberté de la presse en Europe. Les attaques de Charlie Hebdo et de Copenhague semblent être la manifestation extrême de cette tendance à la dégradation de la liberté d’expression en Europe.

Sur la carte ci-dessous, dans les pays représentés en blanc la liberté de la presse est beaucoup plus grande que dans ceux en jaune et en orange. Dans les pays en rouge, par contre, la presse libre rencontre de nombreuses limitations et difficultés. Comme c’était déjà le cas les années précédentes, le classement est dominé par la Finlande, suivie par la Norvège, le Danemark, et la Suède en cinquième position.  Le Classement mondial de la liberté de la presse 2015 fait état d'une érosion généralisée de la liberté de la presse 

Mais dans ces pays aussi, on observe aussi une dégradation des performances journalistiques. L’analyse de Reporters sans Frontières note :

« En Finlande, une concurrence accrue pousse les groupes de médias à fusionner les rédactions pour réduire les effectifs. Inévitablement, l’offre d’information s’en trouve réduite. Effet collatéral, les rédactions, moins nombreuses, perdent en indépendance. »

Aux Pays-Bas, cette dégradation est « symbolisée par l’interdiction de filmer au sein du Parlement sans accord explicite des politiques. Une mesure introduite au début du mois de septembre 2014. »

Selon ce rapport, le problème réside plus largement dans le manque de pluralisme : « L’intervention du pouvoir dans les rédactions est une réalité dans de nombreux pays de l’UE. La concentration économique et le manque de transparence de la propriété favorisent ce phénomène. » Dans certains pays, comme la France (38e) ou l’Italie (73e), on a vu des partis politiques empêcher les journalistes de participer à leurs meetings ou évènements. Le parti français d’extrême droite Front National et le Mouvement 5 étoiles (M5S) de Beppe Grillo en Italie sont les meilleurs exemples de ce contrôle de l’information. Ailleurs en Europe, la récente victoire de Syriza aux élections en Grèce va permettre la réouverture de la radio d’État ERT donnant au paysage médiatique du pays un peu de cette diversité si nécessaire. N’empêche, la Grèce est 91e sur les 180 pays du rapport. Il semblerait qu’un véritable changement d’attitude soit nécessaire en 2015 afin de renverser cette tendance au déclin de la liberté de la presse.