La candidature de Lyon 2013 avance d'un pas (décidé)

Article publié le 10 septembre 2008
Article publié le 10 septembre 2008
Le jury européen chargé de statuer sur le sort des villes candidates au titre de Capitale européenne de la Culture 2013 était en visite à Lyon. Les élus se disent confiants Par Laurelou Piguet Jeudi 4 septembre, quatre membres du jury qui doit désigner la capitale européenne de la culture en France en 2013 sont venus en visite à Lyon pour évaluer sur site la qualité du dossier.
Malgré le jour de grève stratégique des transports, les jurés ont emprunté la voie navigable pour une croisière sur le Rhône ; pas sûr qu'ils aient pu voir grand chose... Néanmoins, l’équipe du projet 2013 a tenu à montrer une ville de contrastes, du centre-ville historique à son Musée des beaux-arts, imposant de classicisme, au Carré de Soie, ancienne zone industrielle en réhabilitation, en passant par le cosmopolite quartier de la Guillotière, les Berges du Rhône, etc. La future ‘confluence’ des deux fleuves Saône et Rhône et son projet de musée a également eu les honneurs de ces visiteurs de marque.

Quels points forts l’équipe a-t-elle voulu valoriser devant les jurés ? D’abord l’osmose entre le politique, l’économique et le culturel dans la capitale des Gaules. Montrer que les forces économiques sont présentes, mais convoquées en partenariat avec les autres. Lyon présente également un projet qui “ne fera pas dans le béton” tout simplement parce que les institutions capables de développer un tel projet sont déjà existantes et disposent de bâtiments adaptés. Le rôle des villes-amies (Barcelone, Genève, Kosice, Turin et Saint-Etienne) a été mis en avant grâce à la présence de leurs adjoints à la Culture. Ce dispositif inter-municipal doit illustrer la notion de “partage culturel” européen.

En outre, l’équipe lyonnaise compte sur le “savoir-faire” local pour créer de grands événements culturels (toute la ville attend en ce moment l’ouverture de la Biennale de la danse dans une semaine, par exemple). Et surtout, elle insiste sur la volonté de « dé-hiérarchiser » l’espace urbain et les activités culturelles qui s’y déroulent, d’où la sélection de sites décentralisés et parfois inattendus, comme d’anciennes friches industrielles, pour la tenue de certaines manifestations : la ville doit connaître l’équité, tout comme les groupes sociaux qui l’habitent. C’est pourquoi les concepteurs parlent d’une “trame” urbaine, qui détruit la notion de centre/périphérie, voire même les frontières entre communes.

La finalité à long terme du projet est de développer la vie nocturne dans cette mégalopole au carrefour de l’Europe, et faire en sorte que les projets artistiques qui verraient le jour en 2013 améliorent la vie des Lyonnais pour longtemps. Alors, sûre de gagner, Lyon ? Pas de triomphalisme encore, mais une envie d’y croire, en fonction de ses atouts. Cela dit, des bémols sont apportés ici et là. Certaines (mauvaises ?) langues dénoncent un projet élitiste qui passerait à côté de son objectif ‘populaire’, ou encore une ville déjà très développée aux niveaux économique et artistique, pour laquelle le label Capitale européenne de la culture n’apporterait pas grand-chose de plus. La visite des jurés est restée très confidentielle, si on la compare avec le bain de foule qui leur a été réservé à Bordeaux. “C’est un choix”, répond l’équipe lyonnaise, pour laquelle le temps de la mobilisation populaire n’est pas encore venu. En attendant le prochain rendez-vous de sélection, les Lyonnais qui pensent à lever les yeux en se promenant dans les rues de la ville, peuvent profiter des reproductions d’oeuvres du collectif Panos Fake Streetsights qui s’affichent sur les panneaux de signalisation. Attention où vous marchez, tout de même !

Note de la rédaction : La ville de Kosice vient d'être désignée au titre de Capitale européenne de la Culture 2013 pour la Slovaquie. Kosice est partenaire de Lyon ; les deux villes ont d'ailleurs présenté deux candidatures amies et partenaires au jury européen...