La banque européenne de reconstruction et de développement bientôt recyclée

Article publié le 11 mars 2011
Article publié le 11 mars 2011
Par Alice Préat Les yeux rivés sur la Libye, l’Union européenne accorde tout de même deux-trois phrases à la Tunisie et à l’Égypte lors de la conférence de presse tenue par Herman Van Rompuy et José Manuel Barroso au sommet européen ce vendredi. Ils déclarent vouloir assister la Tunisie dans leurs élections le 24 juillet et veulent encourager l’Égypte dans cette transition cruciale.
Parmi ces encouragements, on retrouve bien sûr l’aspect financier et la mystérieuse Banque européenne de reconstruction et de développement.

La Commission aimerait redistribuer d’un pays à l’autre les 4 milliards déjà destinés à cette région et prévus pour la période de 2011-2013. À côté de ça, nous retrouvons la mystérieuse Banque européenne de reconstruction et de développement. Cette banque, créée à la suite de la chute du mur de Berlin, était avant tout destinée au développement dans les pays de l’ex-URSS jusqu'en Mongolie.

Elle est chargée de faciliter le passage à une économie de marché et se limite aux pays « qui s’engagent à respecter et mettent en pratique les principes de la démocratie pluraliste » et qui font la promotion de l’initiative privée et de l’esprit d’entreprise. Pour qu’elle puisse agir en Égypte, il faut que ses statuts soient modifiés, puisqu’elle est limitée à l’Europe continentale élargie. Une idée soutenue par Bruxelles, qui envisage une réforme du mandat de la BERD pour qu’elle s’étende au Sud méditerranéen.

Une décision politique

L’avis de son directeur, Thomas Mirow, est clair : « si nos parties prenantes souhaitent que nous intervenions dans la région, nous sommes prêts à le faire, il s’agit d’une décision politique ». Une décision politique, car cette banque appartient à 61 pays ainsi que l’Union européenne et la Banque européenne d’investissement. Parmi ces pays, nous retrouvons l’Égypte, seule de la région avec le Maroc. La Tunisie ou la Libye ne pourront donc pas bénéficier d’aide de la BERD : «Un pays qui introduit une demande de fonds doit obligatoirement faire partie des membres de notre banque» explique Mirow. Demande que l’Égypte avait déjà introduite en 2010. Les négociations n’ont pas été interrompues suite à la chute d’Hosni Moubarak car la ministre en charge de la question fait toujours partie du gouvernement. Le soutien à l’Égypte de la BERD pourrait s’élever à un milliard d’euros par an.

La finance intermédiée au cœur de l'action (oui, oui)

La BERD, en tant que banque de transition, finance ou cofinance des investissements qui favorisent la transition vers une économie de marché grâce à des emprunts qu’elle émet sur le marché international. Elle cherche entre autre à soutenir les PME et le fait par le biais de finances intermédiées, qu’on retrouve dans environ 40% des activités de la BERD. La finance intermédiée, c’est quand elle prête de l’argent public à des fonds privés, des banques privées, des sociétés d’assurances. Elle leurs donne alors la responsabilité de gérer le portefeuille, tout en précisant certains domaines interdits, mais ces institutions financières gardent à côté de ça un large éventail de clients dans tous les domaines. Ces informations n’étant pas publique, on peut dire que les investissements de la BERD, supposés être acteur de développement, se retrouvent un peu n’importe où.