Karin Park : « Déménager au Japon quand on vient d’un village suédois vous fait rapidement grandir »

Article publié le 8 juillet 2013
Article publié le 8 juillet 2013

Attention cet article n'est paru dans aucun groupe du magazine et n'a donc fait l'objet d'aucune relecture.

Sa musique sombre et mystique est influencée par son suédois natal ainsi que par sa jeunesse au Japon. Après son premier succès en Norvège, la chanteuse de 34 ans née à Djura est encore une inconnue dans le reste de l’Europe.

cafebabel.com : Karin, comment as-tu décidé de devenir musicienne professionnelle ?

Karin Park : J’avais alors cinq ans et j’ai donc su très tôt que c’était ma vocation. J’adorais chanter et je savais que je ne pourrais jamais rien faire d’autre. J’ai eu différents emplois, mais ça a toujours été mon truc d’écrire et de chanter des chansons.

cafebabel.com : Comment es-tu d’abord devenu populaire en Norvège et pas dans ta Suède natale ?

Karin Park : J’ai déménagé à Bergen après le lycée. Je m’y étais rendue pour quelques mois pour gagner un peu d’argent en tant que serveuse. Trouver un job était difficile à l’époque en Suède. Je suis vraiment tombée amoureuse de la ville, et plus particulièrement de son dialecte. Je suis folle de dialectes. Je me suis rendu compte que la ville était musicalement riche et j’ai rapidement accédé à sa scène musicale. Alors j’y suis restée !

cafebabel.com : J’ai lu que tu étais née dans les forêts suédoises dans une famille profondément religieuse ; comment tes origines influencent-elles ta musique ?

Karin Park : Ma famille est chrétienne. J’ai commencé à chanter à l’église très jeune. Nous venons d’un village suédois de 400 habitants, mais j’ai commencé à aller dans une école missionnaire au Japon quand j’avais sept ans. Cela nous a fait grandir très vite. Au Japon, il y avait très peu d’influences de la culture occidentale avant Internet. Alors il a fallu qu’on se trouve un style, une musique, une identité et tout ça par nous même. 

'Je n’ai jamais vraiment réussi à me réintégrer dans la société suédoise quand on y a réemménagé'

Je n’ai jamais vraiment réussi à me réintégrer dans la société suédoise quand on y a réemménagé, alors j’y ai toujours plus ou moins été une étrangère. Je ne sais pas comment cela influence ma musique. C’est difficile à dire. C’est sûr que je n’ai pas été élevée de façon conventionnelle, mais je ne veux rien y changer.

cafebabel.com : Quelles ont été les autres influences importantes pour ta musique ?

Karin Park : Les gens que j’ai rencontré en route et les endroits où j’ai vécu. Mon environnement a un impact important sur ma musique et j’ai l’impression d’avoir toujours été sur les routes. Je ne me suis jamais installée avec un seul groupe de gens. Je me suis toujours fait de nouveaux amis et commencé de nouvelles relations. Je m’ennuie facilement alors je recherche des choses nouvelles.

cafebabel.com: QuELLES sont tes influences musicales ?

Karin Park: Fad Gadget, Depeche Mode, Captain Beefheart et The Cure sont mes influences principales. Et aussi Whitney Houston bien sûr.

cafebabel.com : Les médias t’ont comparé à The Knife et Björk parmi d’autres ; est-ce que tu apprécies la comparaison ?

Karin Park: Ils font partie des musiciens et groupes les plus cools au monde alors ça ne me dérange pas. Quand tu es artiste, les gens ont besoin de te comparer à d’autres alors je suis plutôt honorée par ces références.

cafebabel.com : Est-ce que c’est important pour toi de faire passer un message à travers ta musique ?

Karin Park: Je veux inspirer les gens pour qu’ils soient créatifs dans leurs vies et qu’ils ne laissent pas les autres décider pour eux. L’esprit humain est si puissant. Dans ma musique, je n’essaye pas vraiment de dire aux gens ce qu’ils doivent faire. Je leur raconte seulement ma vie et mes expériences. Les gens savent penser par eux-mêmes.

cafebabel.com : Le sujet du féminisme est important pour les médias de nos jours ; comment est-ce que tu t’y relies en tant que femme, mais aussi artiste ?

Karin Park: Je suis sur les barricades bien sûr. Il faut vraiment que la situation des femmes dans le monde change. Nous avons fait de grands pas en avant vers l’égalité en Scandinavie, mais il reste encore beaucoup à faire. Il y a beaucoup plus de femmes qui jouent un rôle d’exemple partout en Europe qu’il y a à peine 10 ans. Elles représentent les femmes indépendantes, fortes, puissantes et confiantes. C’est ce dont nous avons besoin. Voir les groupes et artistes présents sur scène ici au festival Les Femmes s’en mêlent en France m'a vraiment donné la pêche.

Images courtesy of © Karin Park official facebook page/