Juan Arcas : une succes story a-Tipik

Article publié le 16 novembre 2008
Article publié le 16 novembre 2008
Article écrit par Véronique Le Guen Juan Arcas, c'est la campagne d'introduction de l'euro entre 1997 et 2000, celle pour la mobilité des personnes dans l'Union, le site web du 50e anniversaire du traité de Rome, ... entre autres. A 45 ans, le directeur général de l'agence Tipik s'est forgé une belle réputation. Portrait d'un communicateur heureux, qui oeuvre pour l'Europe au jour le jour.

L'euro ça m'a apporté le fait que les gens me prennent pour quelqu'un de plus important que je ne suis plaisante Juan Arcas, dans son bureau de l'avenue de Tervueren, une pièce sobre largement ouverte sur des chênes aux feuilles automnales. La campagne pour l'introduction de l'euro s'annonçait en effet ambitieuse. Et le contrat n'était pas gagné d'avance.

Juan le décroche en 1997, alors qu'il n'a que quelques années d'expérience en communication derrière lui. Mais l'homme opportuniste et déterminé semble avoir une aptitude particulière à relever les défis.

Lorsqu'il arrive en temps que salarié à l'agence de communication ASCII, en décembre 2005, la société, forte d'une équipe de 76 salariés, ne compte qu'un seul client ! Après six mois au service d'ASCII, on lui propose d'en prendre la direction : J'ai dû réfléchir deux minutes. Ce père ambitieux de deux jeunes enfants s'est investi dans l'aventure. Sous son impulsion, l'agence fait entièrement peau nauve : nouveau nom Tipik, nouvelle identité, nouveaux collaborateurs ... et nouvelles perspectives. Le chiffre d'affaire a augmenté de plus de 60%, le panel des clients s'est largement étoffé et les équipes auront atteint 160 collaborateurs en 2009. Juan Arcas parle avec fierté de son agence spécialisée dans la communication institutionnelle. Tout le monde sait que je suis prétentieux ironise-t-il.

C'est que le communicateur fait son métier avec conviction. Je préfère promouvoir l'Europe que vendre du Coca-Cola à des cerveaux disponibles. Europhile engagé, il l'est certainement. Parce que mes parents y ont trouvé une terre d'asile, en fuyant l'Espagne de Franco explique-t-il, mais aussi parce qu'il est conscient de se trouver à un centre névralgique de la définition de la politique contemporraine. La sanction contre Microsoft c'est l'Europe; la protection contre les substances chimiques dans les produits de grande consommation (avec le réglement REACH), c'est l'Europe; la lutte contre les violences contre les femmes, c'est encore l'Europe! L'Europe c'est là où ça se passe aujourd'hui.

Du bâtiment à la communication, les mains dans le camboui

Pourtant, rien ne prédestinait le jeune Juan, un enfant de Saint-Josse solitaire, réfugié dans les livres à cause d'une santé fragile, à devenir l'un des communicateurs institutionnel de référence à Bruxelles. Adolescent timide, seul garçon dans une classe de fille, il gardera toutefois de sa jeunesse une passion vive pour la littérature : la mythologie grecque et ses Dieux si enclins aux faiblesses humaines d'abord, puis des essais politiques plus engagés : Engels, Bakounine.

Après des études en linguistique à l'ULB dont il garde un souvenir mitigé _ partout où j'ai dû m'asseoir et me taire, ça n'a pas marché _ assène-t-il _ le jeune homme est projetté très rapidement dans la vie professionnelle : à peine diplômé, il doit prendre les reines de l'entreprise en bâtiment de son père. L'aventure se termine quatre ans plus tard, suite à une escroquerie. Pas de quoi décourager Juan. Aguerri par une post-adolescence punk nourrie au do it yourself, il se reconvertit quelques temps dans l'immobilier.

Passé la trentaine, sa carrière prend enfin un nouveau cap. Grâce à sa connaissance des langues : anglais, français, espagnol, italien, néerlandais, il est engagé pour réaliser des produits d'information sur les programmes d'insertion professionnelle au sein d'un bureau d'assistance technique, et devient, moins d'un an plus tard, chef d'une micro-équipe. L'aventure de manager qui met aussi les mains dans le camboui dure huit ans. Il prend alors goût au métier et à son environnement multi-culturel.

Savoir utiliser les talents

C'est un réel plaisir ce voisinage avec l'intelligence et le talent , s'enthousiasme-t-il encore. A la tête de Tipik, et d'équipes issues de 27 pays, Juan Arcas a parié sur l'humain. Son credo : offrir un panel de talents individuels qui regardent dans la même direction. Quand je suis arrivé à ASCI, l'agence manquait de créativité mais pas de talents. Elle ressemblait en fait à son unique client. C'était un réel gaspillage de personnes se souvient-il. Depuis le directeur général a fait sauter ce cadre trop rigide qu'il a en horreur _ peut-être un souvenir de l'engagement syndicaliste anarchiste de son père, arrivé en Belgique en 1958 _. Les équipes ont rajeunies et Juan a développé un lien de confiance avec ces collaborateurs jeunes, parfois inexpérimentés. Le versant pédagogique est passionant confie-t-il.

On a l'ambition de ses obsessions. A travers l'agence Tipik, Juan a su développé des projets pour lesquels il affiche une grande fierté : Je garde une profonde satisfaction de la campagne pour une monnaie unique parce que ça a été une réussite mais aussi parce qu'elle s'appuyait sur l'utopie d'une justice poétique qui remonte à des auteurs familiers comme Proudhon ou Bakhounine. Un exemple de réussite accomplie à suivre.