Journées Miguel Torga à Paris

Article publié le 11 octobre 2007
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Article publié le 11 octobre 2007
Un colloque international et une exposition bibliographique autour du poète portuguais Miguel Torga auront lieu le 17 et 18 octobre, de 9h à 18h, à la Bibliothèque de la Fondation Calouste Gulbenkian de Paris (51, avenue d'Iéna – 16ème).
Des personnalités telles que (poète, député et ex-candidat à la présidence portugaise), , Clara Crabée Rocha (fille du poète), Emílio Rui Vilar (directeur de la fondation qui accueille l'événement), Catherine Dumas, Maria Graciete Besse, Maria Helena Araújo Carrière, Fernando J.B.Martinho, Teresa Rita Lopes, Luís Mourão, Paulo de Medeiros (entre autres enseignants et chercheurs universitaires) y seront présents pour animer l'nitiative. Également, les photographies inédites et les éditions les moins diffusées des écrits de Torga seront préentés. L'événement est organisé dans le cadre des commémorations du centenaire de la naissance d'Adolfo Rocha, alias Miguel Torga.

Statue de Torga au Parc des Poètes de Oeira (Foto, Portuguese_eyes/flickr)Pour Torga la Péninsule Ibérique devrait être une collectivité de Nations unies tellurique et spatialement dans un seul esprit.Manuel AlegreEduardo Lourenço

Un rescapé de la pauvreté

Né en 1907 à Sain Martinho da Anta, dans le fin fond du Portugal rural, trois ans avant l’implantation de la République, Adolfo Rocha était fils d'un « modeste agriculteur sensible » qui « pleura de joie » en voyant son fils réussir avec Mention sa scolarité. Ce fut la raison qui le poussa à lui offrir une mandoline dans l'espoir que la musique réjouisse les jours du jeune dont la destinée serait forcémment s'appliquer aux taches laborieuses de la terre ou bien entrer dans un séminaire pour pouvoir poursuivre ses études. Miguel Torga est né beaucoup plus tard : en 1934, quand Adolfo Rocha, vainqueur de sa destinée, est déjà étudiant en médecine à Coimbra et publie , après une saison passée au Brésil chez un oncle, le même qui lui financera à son retour les études dans la capitale étudiante portugaise.

Troisième Voix

Dans son pseudonyme, « Torga » fait référence à une plante sauvage (la torga) qui pousse partout au Portugal, tandis que « Miguel » tribute d'une admiration pour les auteurs en langue espagnole Miguel de Cervantès et Unamuno qu'il ne cachera jamais de sa vie. Avec Miguel Torga, Adolfo Rocha devient poète et écrivain. Il chante la terre rugueuse et le climat inclément de son pays, berceau fait en granit mais aussi de labourage ; il chante les gens qui travaillent la terre et qui font le pain à la sueur de leur front ; il parle d'un pays, à cette époque là, au coin des coins de l'Europe, d’un pays dont très peu des gens voulaient parler, en révélant ainsi la réelle dimension de l'humanité.

Un convaincu de l'ibérisme

Tout au long de son œuvre, un certain sentiment ibériste s'esquisse: « Ma patrie civique finit à Barca D’Alma (Portugal), (...) ma patrie tellurique aux Pyrénées ». Perdus à jamais les empires coloniaux portuguais et espagnol, mortes les dictatures fachistes ibériques, créée l'Union européenne, quelles relations pour ces deux États qui depuis toujours partagent leurs joies et leurs tristesses ? Torga revendiquait déjà un legs culturel et un destin commun pour les patries de Camões et de Lorca, poètes qu’il lisait et qu’il admirait. Pour Torga la Péninsule Ibérique devrait être une collectivité de Nations unies tellurique et spatialement dans un seul esprit. Ce médecin devenu poète écrivit bien avant le chute des frontières entre les pays communautaires: « J'apporte des à la rose de Grenade » et « Tant que la poésie continuera à exister, il y aura une vie et un peuple qui se reconnaîtra dans l'Ibérie. » Un visionnaire ? Un pro-européen assumé!

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CAUCHEMAR DE D.QUIXOTE

Sancho: j’écoute une voix célestiale Qui nous appelle… Ibérie, tu dis ?!... Tu as dit Ibérie ?! Réveille toi, Sancho, c’est elle notre femme ! Ils sont donc à qui ces petits bruissements ?! Ils seront donc à qui ?! Á elle, bien sur, Sancho, car dans mes oreilles son coeur est en train de souffrir. Lève-toi, Sancho! Quels moulins ! Lesquels ?! Ah ! Pauvre Sancho, tu ne sais pas voir de deux moulins identiques lequel est le seul qui puisse moudre. Des titres comme Anxiété (1930), L'autre livre de Job (1936), Orphée Rebelle (1958), La création du Monde (1937), Poèmes Ibériques (1965), Nouvelles Histoires de la Montagne (1944), un Royaume Merveilleux (1941), Terre Ferme, Mer (1941), Animaux (1940), Cahiers Secrets (16 volumes entre 1941 et 1983) et beaucoup d’autres font que Torga passa de justesse à côté du prix Nobel, plusieurs fois recommandé. Son aversion à la célébrité était connue et c’est peut-être pour cela que les gens pensaient que Torga avait un caractère dur, contraire à la vanité des milieux élitistes. Même s’il refusa le prix littéraire qui lui fut attribué en 1954, il reçut néanmoins beaucoup d’autres prix, dont le prestigieux Prix Camões, en 1990.

La vie est faite de riens

De grandes montagnes paralysées Qui attendent le mouvement ; De champs cultivés ondulés par le vent ; De foyers Écroulés et et plein de traces De nids d'autrefois perchés Des gouttières ; De poussière ; De l’ombre d’un figuier. De voir cette merveille, mon père donne forme à une vigne comme une mère qui tresse les cheveux de sa fille. Adolfo Rocha, le médecin, l'homme qui consultait, parlait, prescrivait des recettes à ses patients et tous les jours passait devant la Pharmacie Rodrigues Da Silva à Coimbra, pour saluer son ami João Fernandes, mourut le 17 janvier 1995 à 87 ans. Aujourd'hui, la diversité, l'originalité et le poids de son oeuvre: 700 poèmes, 94 romans, 16 volumes de son journal intime, 2 volumes d'essais, 15 anthologies poétiques et 3 pièces de théâtre font de Miguel Torga un des plus grands noms de la littérature Ibérique et un des plus grands poètes européens du XXème siècle. Pour en savoir plus sur le colloque, .

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Photo Satatue de Torga au Parc des Poètes de Oeiras: Portuguese_eyes/Flickr)