José Bové, l'interview fast food

Article publié le 30 janvier 2014
Article publié le 30 janvier 2014

Cet agri­cul­teur a plu­sieurs fois démoli des Mc­Do­nal­d's, ce qui lui a valu de la pri­son. Il est de­puis in­ter­dit de sé­jour aux USA. Mais Ska Kel­ler et lui viennent d'être élus à la tête du Parti vert eu­ro­péen. Que se cache-t-il sous la moustache de ce dé­fen­seur acharné de la bonne bouffe ? Interview en service rapide.

cafébabel: Vous étiez mi­li­tant actif.  Main­te­nant, vous avez un bu­reau à Bruxelles. Qu'est-ce que cela vous fait ? 

José Bové : Je res­sens de la sa­tis­fac­tion, sans quoi je n'y se­rais pas.  Le pro­blème est le sui­vant: com­ment faire pour que les mou­ve­ments so­ciaux, qui s'en­gagent à lut­ter contre le ré­chauf­fe­ment cli­ma­tique, fassent pres­sion sur les ins­ti­tu­tions ? C'est pour­quoi nous avons ab­so­lu­ment be­soin du sou­tien des ONG et des mou­ve­ments so­ciaux.

cafébabel : David Ca­me­ron vou­drait ré­gu­ler l'im­mi­gra­tion en pro­ve­nance des pays d'Eu­rope. Qu'en pen­sez-vous ? 

José Bové : David Ca­me­ron, en ce mo­ment, ef­fec­tue le tra­vail des po­pu­listes de droite. Ce qui est très dan­ge­reux : une fois qu'on a ou­vert une porte, per­sonne ne peut ga­ran­tir qu'elle se re­fer­mera. 

Le rap du rebelle des champs.

cafébabel : Pou­vez-vous m'ex­pli­quer le sens du mot mal­bouf­fe ?

José Bové : Ce mot dé­signe l'agri­cul­ture in­dus­trielle ainsi que la stan­dar­di­sa­tion de l'ali­men­ta­tion. Quand on re­cherche une nour­ri­ture nor­ma­li­sée, il faut qu'il y ait de grandes ex­ploi­ta­tions agri­coles. Celles-ci pro­duisent de mau­vais pro­duits. Moi, je vou­drais man­ger des choses sa­vou­reuses et bonnes pour la santé. 

cafébabel : Avez-vous déjà mangé dans un McDo ?

José Bové : Non, ja­mais.