'Jeunes Reporters' (2) - Interview avec Yulia Kochneva

Article publié le 14 avril 2010
Article publié le 14 avril 2010
Par Stefanie Stahlhofen et Till Neumann Qu'est ce que c'est être journaliste ? - C'est ce que voulaient savoir les 21 jeunes Allemands et Français qui ont participé à l'atelier « Jeunes-Reporters » organisé par Cafébabel Strasbourg et le Centre Culturel Français de Freiburg.
Autour du thème « L'Europe sans frontières », ils ont réalisé deux interviews et interrogé des passants sur leurs expériences européennes. Voici le résultat fructueux de cette journée de formation destinée aux jeunes journalistes européens, âgés de 8 à 12 ans.

Groupe 2 : Interview avec Yulia Kochneva

Julia KochnevaYulia Kochneva, 26 ans, est d'origine biélorusse. Elle travaille au Conseil de l'Europe à Strasbourg.

Propos receuillis par les jeunes reporters : Nelson Alan Weber, Louise Matic, Pauline Gaugler, Shadea Schmidt, Deborah Weber, Noëmi Weber.

Bonjour Yulia, quel est ton métier ?

« Je travaille au Conseil de l'Europe à Strasbourg. C'est une institution européenne qui agit pour le développement et la protection de la démocratie sur notre continent. Le Conseil de l’Europe travaille notamment dans les domaines de la culture, de l'éducation et de la jeunesse. Plus personnellement, je participe à l’organisation d'un grand événement : l'Université d’été de la démocratie qui a lieu tous les ans à Strasbourg. »

Est-ce que ton travail te plaît ?

« Je travaille depuis deux ans au sein de cette institution et ça me plaît beaucoup de pouvoir m'engager tous les jours pour l'Europe. Travailler dans une organisation européenne c’est aussi une expérience très enrichissante. »

Combien de frères et soeurs as-tu ?

« J'ai une seule sœur. Elle s'appelle Viktoria, elle a maintenant 22 ans et est étudiante à Minsk. »

Est-ce que ta famille te manque ?

« Oui, ma famille me manque beaucoup. Je suis arrivé en France en 2004. Ma famille est restée en Biélorussie car ils ont toute leur vie là bas et surtout ils ne parlent pas français. On essaye de se voir le plus souvent possible, mais la Biélorussie est très loin d'ici (environ 2000 km, NDLR), le trajet est donc long et cher. On se voit en général deux fois par an : une fois pour Noël et une fois en été. Par contre, je les appelle souvent. »

Comment est la vie en Biélorussie ?

« C'est une question bien difficile (en rigolant). La Biélorussie, si on habite là-bas, n'est pas un pays très différent de la France. En tout cas c’est comme ça que je le ressens. C’est tout de même un pays beaucoup plus pauvre. On a beaucoup moins de choix dans les magasins et les gens peuvent se permettre beaucoup moins de choses avec leurs salaires. Pourtant, la Biélorussie est un pays très riche culturellement. Il y a de grands opéras, théâtres, des écrivains à découvrir…

J'aimerais aussi évoquer les problèmes politiques de mon pays parce que la situation en Biélorussie est assez complexe. Comparé à la France ou à l’Allemagne, les Biélorusses ont beaucoup moins de liberté : on ne peut pas toujours dire ce que l'on pense, on ne peut pas toujours faire ce que l'on voudrait sans se soucier des conséquences. Il est par ailleurs beaucoup plus difficile pour les Biélorusses de se déplacer librement, passer facilement les frontières, comme le font les Européens. '' Quand mes parents sont venus à Strasbourg pour la première fois, ils étaient stupéfaits de pouvoir traverser le Rhin à pied pour aller manger une glace à Kehl, sans s’arrêter pendant des heures comme c’est le cas à la frontière entre la Pologne et la Biélorussie. »''

Tu préfères vivre en France ou en Biélorussie ?

« Les deux premières années en France ont été vraiment dures pour moi. C'est difficile d'être si loin de la famille dans un pays étranger. Mais, au fur et à mesure, je me suis intégrée et aujourd'hui je me sens presque Française. La France est un pays qui me plait beaucoup et où je me sens bien. C’est aussi un pays plus démocratique. Donc, oui, je préfère vivre ici.

En plus j'ai construit ma propre famille ici, en me mariant avec un Français. Ça aussi, ça m'aide à me sentir ici chez-moi. »

C'est comment d'être mariée avec un Français lorsque l'on n'est pas français ?

« Je ne suis peut-être pas la bonne personne pour répondre à cette question. Avant de me marier, j'étais déjà relativement 'européanisée' et occidentalisée. C'est à dire que je connaissais très bien la vie en France et en Europe de l’ouest en général. C’est très enrichissant de vivre dans un couple mixte même si ça représente un peu de travail, notamment pour mon mari qui doit faire encore beaucoup de progrès en russe ! (en rigolant) »

Chère Yulia, le groupe 2 dit : « Merci et au revoir! »

Jeunes Reporters Groupe 2 Nelson Alan Weber, Louise Matic, Pauline Gaugler, Shadea Schmidt, Deborah Weber, Noëmi Weber.

(Photo de couverture : pixelio/Stephanie Hofschläger ; les autres photos : Stefanie Stahlhofen & Till Neumann)