Jeunes face à la crise : un métier d'amour à quatre pattes...

Article publié le 25 février 2015
Article publié le 25 février 2015

Face à un marché du travail de plus en plus exigeant et fermé, les jeunes se voient parfois forcés de trouver des alternatives pour survivre. Savoir innover, ruser, et se donner à fond : voilà quelques qualités devenues nécessaires pour réussir malgré la crise.

Dans le cadre de sa campagne #YouthinMotion, Cafébabel a rencontré Karina, une jeune indépendante qui s’est lancé dans le « pet-sitting » à Bruxelles et qui a créé sa propre entreprise il y a cinq ans.

Cafébabel : Bonjour Karina, peux-tu te présenter brièvement ?  

Karina : Je m'appelle Karina, j'ai 31 ans, je suis franco-italo-uruguayenne et maintenant de nationalité belge. Je promène des chiens et je m'occupe aussi de chats et de lapins. C'est devenu mon métier depuis 5 ans. Et en dehors de ça, je suis aussi une jeune maman.

Cafébabel : Parle-nous un peu de ton parcours... Comment es-tu devenue « pet-sitter » ?

Karina : J'ai toujours été attirée par les animaux mais je suis diplômée en sciences de la communication. J'ai toujours eu cette envie non seulement de créer ma propre entreprise, mais aussi de travailler avec les animaux. J'ai travaillé dans le marketing et dans le secteur du commerce, mais je sentais que quelque chose me manquait. J’en ai parlé à mon parrain qui habitait à l'époque à Londres et qui connaissait bien ce genre de services. Il me disait : « Tu es passionnée par les animaux, pourquoi n’en ferais-tu pas ton métier ? » J’y avais déjà pensé dans le passé mais je n’y croyais pas vraiment. C’est finalement cet encouragement de mon parrain qui m’a poussé à me lancer. Comme j'étais déjà dans le milieu animalier parce que j'avais des animaux, que je faisais beaucoup d’activités avec eux et que je connaissais donc beaucoup de monde dans le secteur, le bouche à oreille s'est activé très vite.

Cafébabel : Comment est né Okazoo ? 

Karina : J'ai d’abord mis six mois - un an pour réaliser un plan commercial avec des études de marché, puis je me suis lancée. Je me suis directement consacrée à 100% à cette activité-là, même si au départ je pensais que ça allait être plutôt une activité complémentaire et non une activité principale. En fait, je me suis très vite prise au jeu et j'étais de plus en plus passionnée. Ne me demandez pas de faire un autre métier aujourd’hui, ce n’est pas possible !

Cafébabel : As-tu suivi une formation particulière ?

Karina : J’ai une grande expérience acquise sur le terrain grâce à mes amis éducateurs canins ou vétérinaires qui m'ont ouvert leurs portes. J'ai également suivi une formation d'éducation canine. Et dès que j'ai la possibilité d’acquérir une nouvelle expérience ou de suivre une nouvelle formation, je saute sur l’occasion ! On ne s’improvise pas « pet-sitter » : il faut quand même bien connaître les chiens. C'est un véritable métier, et c’est ce qui est parfois difficile à faire comprendre aux gens.

Cafébabel : Comment arrives-tu à concilier ton rôle de jeune maman et ton travail ?

Karina : Ce n’est pas évident tous les jours, notamment parce qu’on travaille beaucoup et qu’on n’a pas du tout d’horaires fixes. Il y a aussi tout le côté comptabilité à gérer, comme n’importe quel indépendant qui possède une entreprise. Du coup, je ne compte pas mes heures, mais j’ai la chance de faire un métier qui est vraiment devenu ma passion, donc cela ne me pèse pas. Mais c’est vrai que lorsque je suis devenue maman, il a fallu être beaucoup plus organisée.  

Cafébabel : Ça coûte combien le « pet-sitting » ? Quel type de clients as-tu ? 

Karina : Les prix varient selon la fréquence et le type de service. Par exemple, pour une journée entière, nous demandons entre 25 et 30 euros. Cela représente clairement un budget pour la personne. Avant, c’était souvent les expatriés qui pensaient à ce genre de services. Maintenant, on a de plus en plus de Belges qui font appel à nous.   

Cafébabel : Pour finir, quels conseils donnerais-tu aux jeunes qui souhaitent se lancer dans l’entreprenariat et devenir indépendants ?

Karina : Comme pour n'importe quel métier, je pense que si l’on décide de se lancer dans une activité, il ne faut pas improviser. Il faut d’abord bien se préparer, puis se lancer ! Foncez ! J’ai souvent entendu que devenir indépendant c’est risqué. Risqué pourquoi au juste ? Si on se donne les moyens, les efforts seront récompensés tôt ou tard. 

Relecture : Clémence Burkel

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