Jean-Pierre Jouyet ne veut pas de Tony Blair

Article publié le 12 février 2008
Article publié le 12 février 2008
On le voyait presque déjà en haut de l'affiche de l'Union européenne : Tony Blair, candidat présenti pour le poste de premier président de l'UE. Cette idée que Nicolas Sarkozy semble affectionner n'est pourtant du goût de Jean-Pierre Jouyet, son secrétaire d'Etat aux affaires européennes.

Il est jeune, un joli sourire, un cv à faire pâlir n'importe quel homme politique et plus europhile que sa nationalité le laisse prétendre : Tony Blair, ancien premier ministre anglais fait parti des favoris pour accéder au poste hautement symbolique de premier président de l'Union européenne, nouvelle fonction consacrée par le Traité de Lisbonne.

Dans les dents

Dans une déclaration, le 11 février, le secrétaire d'Etat français aux affaires européennes a dréssé un portrait du président parfait pour l'UE. Selon, il doit posséder un sens du leadership et un charisme assez forts. Pour le moment, Tony Blair est toujours dans la course...

Il a ensuite rajouté que ce devra être personne « authentiquement européenne » (reste à définir ce que c'est) et qui en plus comprendra « la sensibilité, l'histoire, les mécanisme » de l'Europe. Un étudiant en Master européen pourrait-il faire l'affaire?

C'est alors que Jean-Pierre Jouyet a porté le coup fatal à Tony Blair, ajoutant que cette personne devra se trouver "au coeur des solidarités qui existent en Europe, ces solidarités sont la zone euro et l'espace Shenghen". Autrement dit : exit les candidats sujets de sa grâcieuse majesté... Et pour achever bien correctement Tony Blair, il a fait remarquer que « ceux qui partent trop tôt ne sont jamais élu ».

Encore un différent

Cette position claire et tranchée de Jean-Pierre Jouyet risque de le mettre encore une fois en opposition avec son patron : le président de la République, qui s'est montré favorable à Tony Blair. Ce n'est pas la première fois que les deux hommes ne sont pas d'accord. Pour souvenir, Nicolas Sarkozy ne veut pas de la Turquie en Europe, alors que son secrétaire d'Etat n'est pas contre...

Situation qui ne pourra que faciliter la conduite des affaires européennes au sein du gouvernement français...

C'est cela que l'on nomme l'Entente Cordiale, n'est pas ?