J-4: Journal de bord du sommet de l'OTAN: 30 mars 2009

Article publié le 30 mars 2009
Article publié le 30 mars 2009
Sommet OTAN Strasbourg-Kehl-Baden Baden J-4: Derniers jours avant le début du sommet de l'OTAN à Strasbourg; derniers préparatifs et branle-bas de combat chez les "anti". Le visage de Strasbourg est métamorphosé: "la ville de Strasbourg transformée en bunker" titre le Monde du 27.03.2009.
Par la présence policière renforcée et des mesures de sécurité draconiennes, Strasbourg prend l'aspect d'une ville assiégée le temps d'un sommet. Et c'est toute la France qui subit cet excès de zèle: pas de frontières pour l'Europe, pas de frontières pour un sommet sur 2 rives, mais la sortie de la France de l'espace Schengen jusqu'au 5 avril. Lisez au jour le jour, les dernières heures de Strasbourg avant que la ville ne devienne la scène d'un "cirque sécuritaire" (référence à la parade de clown qui aura lieu à Strasbourg le 1er avril).

Après que les étudiants grévistes ont été évacués de la faculté de sciences humaines de Strasbourg dans la nuit de vendredi à samedi, on apprend que les sans-abris seront amenés à quitter le centre-ville. Les contrôles s'intensifient considérablement alors que Michèle Alliot-Marie, ministres de la Défense vient contrôler le dispositif de sécurité strasbourgeois et frontalier.

La presse étrangère se plaît jusqu'ici plus à commenter la volonté française de retourner dans le commandement armé de l'OTAN et la fin d'une "exception française" que le sommet lui-même . "La France abandonne sa ligne Maginot pour rejoindre l'OTAN", titre the Independant. Nos voisins s'étonnent d'ailleurs du résultat des sondages quant à la position de la population française face à cette décision. "Des sondages surprenants: il est étonnant que les Français ne soient pas contre le retour au sein de l'OTAN. Cette réintégration ne pourra pas faire l'objet d'un sujet de campagne électorale à la veille des élections européennes", déclare Gerd Krönke dans la Süddeutsche Zeitung. Si ce n'est pas pour la France, la Neue Züricher Zeitung rappelle quant à elle que "en particulier la Linkspartei voit dans le sujet (l'OTAN) une parfaite accroche pour les campagnes électorales" (ndlr: année d'élection multiples en Allemagne). Entre le rappel du choix de de Gaulle il y a plus de 40 ans et le soulignement du symbolisme de l'acte français alors que les relations avec les USA ne sont pas des plus enviables historiquement à ce sujet, la presse étrangère conclut unanimement que le retour de la France dans le commandement armé relève du "non-problème" et de l'évidence. Much Ado About Nothing, diraient les Anglais - Beaucoup de bruit pour rien. "Mais alors, si finalement la décision 'historique' de retourner à plein titre dans l'OTAN ne change rien, pourquoi y a t il un débat si retentissant?" se demande la Stampa.

Le responsable est tout trouvé pour les journalistes européens: "Général Sarkozy" (Süddeutsche Zeitung). La presse se délecte de commentaires amusés sur le personnage du président francais. "Le projet de Sarkozy est d'en faire (ndlr: de la réintégration de la France dans l'OTAN) une nouvelle scène de son activisme frénétique face à un Obama néophyte de la politique internationale". Il "lui fournit une nouvelle occasion favorable de dominer la scène médiatique"; conclusion de la presse italienne. "La croisade de M. Sarkozy pour confronter les mythes nationaux avec l'abattage des "vaches saintes" de la politique francaise", déclare The Independant. Et la presse allemande de conclure: "L'egotiste de l'Elysée cherche à valoriser son propre rôle".

Documentation et recherche: Véronique Strobel, Julie Beckrich, Lena Morel

Rédaction: Lena Morel

(Photo: FlickR/ctruongngoc)