Italie : Umberto Bossi démissionne, la Ligue perd le Nord

Article publié le 6 avril 2012
Article publié le 6 avril 2012
Umberto Bossi a annoncé sa démission du secrétariat fédéral de la Ligue du Nord. Les « poids lourds » du parti réclament des règlements de compte, alors que l’ex-secrétaire reste à la présidence du mouvement.

Umberto Bossi a démissionné de son poste de secrétaire de la Ligue du Nord. A la lumière des enquêtes menées contre le trésorierFrancesco Belsito, les premières rumeurs font état de sommes d’« argent noir » déposées par Bossi dans les caisses du parti, de chéquiers aux noms des membres de sa famille et d’autres mouvements suspects dans les bilans budgétaires. Voilà ce que recouvrent les « frais de la famille » Bossi débités dans les comptes des chemises vertes (le vert est la couleur du parti, ndlr).

Ces derniers jours, le secrétaire est apparu particulièrement nerveux, insultant l’équipe de télévision de Mentana (journaliste de La7), et étrangement réticent à l’égard des accusations portées contre Belsito. Pour un parti qui se vantait de vouloir mettre à feu et à sang la « Rome voleuse », un scandale financier est bien pire que les nombreux changements de gouvernement ou que les querelles intestines.

La décision finale du Senatùr - celle de négocier le maintien d’un rôle au sein de la Ligue (président du Parti ?) - est apparue comme la conséquence logique d’une tactique attentiste menant à peu de résultats. Bossi n’a pas remercié Belsito après que le scandale ait éclaté, soulevant des controverses inutiles et des déclarations surréalistes du type de celle de ScajolaJe dénoncerai ceux qui ont utilisé l’argent de la Ligue pour financer ma maison »), et associant ainsi sa propre chute à celle du trésorier.

« Je dénoncerai ceux qui ont utilisé l’argent de la Ligue pour financer ma maison » Sa dernière provocation ?

Est-ce la fin d’une époque ? En tout cas, c’est la fin politique d’Umberto Bossi, secrétaire de la Ligue du Nord depuis sa fondation en 1989, et le début d’une vraie révolution interne. Roberto Maroni, à qui l’électorat du parti manifeste son soutien depuis des années, est prêt à prendre la succession du Senatùr. En espérant qu’il soit resté quelques euros dans les caisses.

Photo : Une (cc)maxalari/flickr; Texte: (cc) ilfattoquotidiano/flickr