Irlande : l’incitation au non

Article publié le 9 juin 2008
Article publié le 9 juin 2008

Attention cet article n'est paru dans aucun groupe du magazine et n'a donc fait l'objet d'aucune relecture.

L’Irlande menace de dynamiter la construction européenne proposée par le Traité de Lisbonne. Un référendum bourré de suspens et plus encore dans les dernières nouvelles de Bruxelles.

L’Irlande sur la voie du refus

Les derniers sondages donnent pour la première fois le « non » vainqueur du référendum sur le Traité de Lisbonne prévu le 12 juin en Irlande. Les partisans du « non » au Traité dans ce pays entré en 1973 dans la Communauté économique européenne (CEE), avec un produit intérieur brut qui représentait alors 60 % de la moyenne communautaire et qui avoisine aujourd’hui 140 %, craignent à présent de perdre le contrôle sur le plan fiscal, mais aussi de voir leur neutralité militaire et leur opposition traditionnelle à l'avortement mis en péril.

Vote important au Parlement européen

(Photo, PPE)Le 18 juin, les députés européens se prononceront sur la directive relative à l’immigration présentée par la Commission européenne. Rejetée par le Parti socialiste européen, la Gauche unitaire européenne et les Verts, cette directive, qui durcit les conditions pour les demandeurs d’asile et les candidats à l’immigration, bénéficie du soutien du Parti populaire européen et d'une majorité de l’Alliance des  Démocrates et des Libéraux pour l'Europe (ADLE). Elle prévoit la possibilité d’étendre à 18 mois la rétention des immigrants dans des centres quasi-pénitentiaires, la détention des immigrants mineurs et, dans certains cas, l’aide juridique gratuite. Si les nouvelles règles améliorent les conditions dans des pays tels que la Lituanie, la Hongrie ou la Pologne, elles ont l’effet inverse dans d'autres comme le Royaume-Uni, l'Espagne ou la Finlande.

Anna Politkovskaya enfin sa salle de presse

| Photo, sandrika! / FlickrAprès un an et demi de pression exercée par des eurodéputés du Parti radical italien, il a été décidé, le 4 juin, de donner à la salle de presse de l’hémicycle le nom d’Anna Politkovskaya, journaliste russe et activiste des Droits de l’Homme assassinée en Russie en 2006 dans des circonstances troubles après avoir publié des ouvrages polémiques dans lesquels elle dénonçait la guerre sale menée par la Russie en Tchétchénie et le manque de démocratie dans son pays. Une véritable gifle diplomatique pour Poutine de la part de nos députés européens.

Mc Cain et Obama sur Guantanamo

Photo, jeremyiankirk / FlickrDans les couloirs du Parlement européen, le discours est quasi unanime : on attend avec impatience la fin du règne de Bush aux Etats-Unis. Pendant ce temps, la pression institutionnelle contre les abus de l’allié nord-américain ne faiblit pas : le 5 juin, le Parlement a insisté auprès du Conseil européen pour que soit émise une déclaration « claire et énergique » demandant l’arrêt des « détentions ordinaires et extraordinaires » qui se poursuivent à Guantanamo. Une manière détournée d'obliger les candidats à la Maison Blanche John McCain et Barack Obama à se prononcer sur le sujet.