Iran : Une répression dans le sang des manifestations qui profite au Gouvernement.

Article publié le 20 janvier 2018
Article publié le 20 janvier 2018

Attention cet article n'est paru dans aucun groupe du magazine et n'a donc fait l'objet d'aucune relecture.

En Iran catastrophe économique cotoie corruption ordinaire : des foyers à la source de manifestations récentes. Des milliers d’Iraniens protestent contre le prix de la nourriture, les mensonges du gouvernement, une inflation croissante, et un taux de chômage conséquent. Ces manifestations ont débouché sur un appel à changer de régime; suscitant colère des mollahs à l’encontre des protestants.

Les slogans entonnés par les manisfestants dénoncent les problèmes économiques, politiques et de corruption du pays. Tandis que le mouvement de protestation se propage à quelques 142 villes la réponse du régime iranien a été de censurer l’accès aux média via les réseaux sociaux. Telegram et Instagram étaient bloqués pour le Nouvel An, et l’accès à Internet également entravé dans plusieurs villes, notamment celles où des manifestations prenaient place.

La violence battait les pavés pour disperser les manifestants, avec canons à eau et réponse armée. Plus de 50 personnes ont perdu la vie et des milliers d’innocents leur liberté. Ces prisonniers ont été détenus dans des conditions atroces, certains torturés pour les inciter à confesser à l’antenne. Cinq manifestants sont morts en prison – le suicide étant la cause officielle avancée par le gouvernement. Sina Ghanbari, 22ans, fut un des premiers à mourir de “causes inconnues”.

Les familles ont reporté des blessures sans commune mesure avec la version du suicide. Des signes de tortures prouvant une violence qui a l’aval du gouvernement. Certaines familles ont été enjointes à ne pas faire le deuil de leur proches, considérés comme criminels; tandis que toute sympathie à la vague de manifestation est plus ou moins illégale.

Nasrin Sotudeh, avocat, militant et progressiste, affirme avoir appris lors d’une conversation téléphonique avec un prisonnier polique détenu à la Evin Prison la mort de trois personnes incarcérées.

Amnesty International a publié deux bulletins exprimant leur préoccupation quant au sort des détenus et demandant leur libération. Des familles des prisonniers ont organisé des protestations assises devant les prisons réclamant la remise en liberté des participants.

Quatre Rapporteurs spéciaux ont fait part de leur inquiétude croissante face à ces morts et au sort des centaines de personnes arrêtées : “La décision du gouvernement d’enjoindre le Corps des Gardiens de la Révolution à frapper fort contre la manifestation, ainsi que la réponse judiciaire subsidiaire, sont des actes d’intimidation inacceptables”.

Des officiels iraniens brisent la loi du silence en admettant via certains organes de presse que certains manifestants ont été tués. Selon Dorud Gorbernor, lors des premiers jours de la manifestation, deux personnes ont été tuées et six physiquement blessées – annonce faite au 1er janvier via l’ISNA, agence de presse gourvernementale. D’autres officiels ont indiqué que le nombre réel de morts est inférieur au nombre avancé par l’opposition.

Les chiffres du gouvernement sous-estiments le nombre de victimes qui ont perdu la vie ou qui ont été arrêtées. D’autre entitées ont fait savoir que l’IRGC (Islamic Revolutionary Guard Corps) recherche activement les manifestants ayant échappé à une arrestation in flagrante.

Des vidéos diffusées à l’international montrent des manifestants tués par balles, et des gens portant des corps. La presse locale a reporté que des enfants sont morts pendant les manifestations.

La violation des droits humains fondamentaux est doublée par celle de la liberté d’expression, tentative de masquer la gravité des faits par soustraction de l’information aux internautes. Le gouvernement a mis en avant la sécurité nationale pour justifier ses actions entravant la vague de manifestation.

Pour un membre de l’Assemblée de Lorestan Representative une réponse armée était de rigueur pour contrer efficacement ceux qui s’opposent à la norme.

“Deux personnes ont été tué la nuit dernière dans la province de Lorestan. Il y a des contextes dans lesquels les manifestations ne sortent pas du cadre de la loi… mais quand les protestants l’enfreignent et font acte de vandalisme, la réponse qui en découle vient naturellement à l'esprit” a dit Hamidreza Kazemi, un membre de la délégation du Lorestan. Le gouvernement met en exergue les actes de vandalismes pour justifier les mesures coercitives misent en oeuvre.

Le Ministère du Renseignement a également publié un communiqué, dont une partie peut être traduite ainsi : “Grâce aux services de renseignement, un nombre de dissidents et instigateurs des troubles a été identifé, et un certain nombre a été arrêté… d’autre éléments fauteurs de trouble sont recherchés et seront bientôt neutralisés. Le Ministère demande à la communauté de bien vouloir appeler le 113 en cas de témoignage de vandalisme ou destruction de biens publics dans le but d'aider à l'identification des dissidents.”

Non seulement le gouvernement iranien persécute les manifestants mais il incite la population à dénoncer les sympathisants. Ici encore un exemple de l’usage du pouvoir qui contribue à asseoir ce même pouvoir et ce sans égards et au détriment des droits de l’Homme les plus élémentaires.