Iran : Le cas Maryam Monfared 

Article publié le 16 novembre 2016
Article publié le 16 novembre 2016

La prisonnière politique Maryam Akbari Monfared est interdite de toute visite avec ses enfants et sa famille, accusée de litige contre les auteurs du massacre de 1988 en Iran.

Une injustice flagrante

Maryam n’a fait que publier une lettre pour demander une explication suite au massacre de ses proches en 1988 et une enquête officielle. Elle souhaite en effet connaître l’identité des auteurs et le lieu de sépulture des victimes.

Dans sa lettre, elle explique : “ Trois de mes frères et une de mes sœurs ont été exécutés dans les années 80 ... Mon frère cadet Abdolreza avait 17 ans lorsqu'il a été arrêté pour avoir vendu de la documentation sur l'OMPI et a été condamné à trois ans de prison. Les autorités ont refusé de le libérer pendant des années après qu’il ait purgé sa peine et l'ont exécuté en 1988 ... Mon autre frère Alireza a été arrêté le 8 septembre 1981, jugé et exécuté 10 jours plus tard ... Au cours de la septième nuit de deuil pour mon frère Alireza, les forces de sécurité ont effectué un raid sur notre maison et ont arrêté certains invités ainsi que ma mère et ma sœur, Roghieh. Ma mère a été libérée après cinq mois, mais ma sœur a été condamnée à huit ans de prison. Elle a été exécutée en août 1988 alors qu'elle était à un an de la fin de sa peine.

Refus de soins médicaux

En plus de la privation de visites, Maryam se voit également refuser l’accès aux soins médicaux. En effet, les autorités iraniennes ont refusé de l’emmener à ses rendez-vous médicaux pour traiter sa polyarthrite rhumatoïde et ses problèmes de thyroïde. Selon la substitute du procureur de la prison d’Evin, ces rendez-vous ont été annulés car elle est devenue trop “ effrontée ”. Sa sœur Reza demande à l’ONU de se pencher sur la question face à toutes ces injustices.

Une prisonnière politique considérée comme “ criminelle ” par des criminels

La lette de Maryam lui a valu les foudres du bureau du procureur de Téhéran, qui a immédiatement interdit les visites de son mari et de ses enfants sur un ordre “ venu d’en haut ” selon ses dires. Le fonctionnaire du bureau a également répondu à la famille de Maryam en ces termes : « Que veut-elle savoir ? Ceux qui ont exécuté son frère et sa sœur sont actuellement morts ou trop vieux et son frère et sa sœur sont probablement enterrés au cimetière de Khavaran », Il a également menacé sa famille en affirmant que les plaintes de Maryam ne feront qu’empirer sa situation et l’empêcheront de quitter temporairement la prison ou d’être libérée.

Une condamnation douteuse

Maryam a été arrêtée en 2009 pour son appartenance au groupe d’opposition interdit OMPI (Organisation des Moudjahidine du Peuple d’Iran). Pendant les cinq premiers mois, sa famille ignorait sa localisation et son sort. En 2010, un tribunal révolutionnaire de Téhéran la condamna à 15 ans de prison, se basant sur des appels et des visites à sa sœur et à son frère membres de l’OMPI. Les 43 jours suivant, elle fut emprisonnée en isolement et soumise à des interrogatoires intenses sans possibilité de consulter un avocat. Ses divers appels ont été refusés sans explications.

Un soutien des autres prisonniers

Certains prisonniers politiques de la prison de Gohardasht, à l’Ouest de Téhéran, ont publié une lettre ouverte pour soutenir Maryam Akbari Monfared et le procès pour les familles des victimes du massacre de 1988 en Iran. Ils condamnent également la pression exercée par les responsables pénitenciers. Voici un extrait de la lettre : “ Mercredi dernier, nous avons été informés que la prisonnière politique, Maryam Akbari Monfared, a été mise au secret depuis un certain temps. Les trois frères de Maryam et une sœur ont été exécutés dans les années 80, dont deux ont été exécutés pendant le massacre des prisonniers politiques durant l'été 1988.

Maintenant le procès de Maryam lui-même, qui est publié dans ses lettres, est considéré par le régime comme un crime et le régime corrompu, par crainte de ces lettres, a eu recours à des pressions psychologiques et à des menaces contre elle, et sur les ordres de procureurs de haut rang, son coup de fil hebdomadaire et ses visites avec son mari et ses enfants ont été coupés jusqu'à nouvel ordre.

Avec cette approche, le régime non seulement la torture, mais inflige aussi des souffrances et des tortures mentales à son mari et à ses jeunes enfants. ”