Irak : du désespoir à la démocratie

Article publié le 24 mai 2004
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Article publié le 24 mai 2004

Attention cet article n'est paru dans aucun groupe du magazine et n'a donc fait l'objet d'aucune relecture.

Alors que chaque jour révèle de nouvelles histoires d’horreur apportées d’Irak, la désillusion règne parmi ceux qui soutenaient la guerre de Bush- et Blair. Mais il est encore possible d’éviter un « choc des civilisations ».

Je pensais que Saddam Hussein était un méchant dictateur. Tout changement à Bagdad ne pouvait être que pour le mieux. Tant qu’il y avait l’espoir pour que la situation s’améliore, l’absence de mandat des Nations Unies ou d’ADM (armes de destruction massive) n’avait pas d’importance. Pour cette raison, je soutenais la guerre en Irak. Plus maintenant.

Les récents événements – les atrocités commises sur les prisonniers irakiens, l’assassinat d’Ezz-El-Din Salim, et les meurtres de civils étrangers – prouvent que j’avais tort. Les choses inhumaines que les Américains infligeaient (infligent?) aux prisonniers irakiens, avec ou sans les ordres de Washington, renforcent l’idée qu’il n’y a pas de différence entre l’autorité américaine et le régime de Saddam Hussein. C’était censé être tellement différent. Lea nouvelle Irak devait rayonner comme un modèle de démocratie et de respect de la dignité humaine. Le rêve ne s’est pas réalisé.

Les pays qui ont rejoint la « coalition des volontaires » menée par les Américains ne sont pas allés en Irak pour le pétrole ou pour des profits économiques. En Pologne, c’était on a parlé de « pour votre liberté et la nôtre ». On croyait que la démocratie au Moyen-Orient valait plus que n’importe quel mandat des Nations Unies. Alors si auparavant la présence de troupes polonaises était légitime, elle ne l’est plus.

Qu’est-ce qu’on peut faire?

Les Européens devraient se retirer de cette région. De même, les Britanniques et les Polonais doivent admettre l’échec de leur mission. Ce n’est pas de leur faute, mais celle de leur plus proche allié, les Etats-Unis. Ils ne peuvent plus amener la paix ou la démocratie en Irak. Les Américains doivent tirer une leçon de modestie. Vous voyez, Mme Fallaci, la culture occidentale n’est pas supérieure à une autre. Il est impératif de retenir cette leçon pour éviter une Palestine planétaire, avec des Irakiens dans le rôle des « Palestiniens», et les Etats-Unis jouant celui d’ « Israël ».

La communauté internationale dans sa totalité doit agir. Il faut un nouveau mandat des Nations Unies. Les Etats musulmans et d’autres Etats non-occidentaux, comme le Japon, le Nigeria ou l’Inde, devraient entrer dans le conflit en Irak. Les troupes européennes, américaines, ou russes n’ont plus leur place à Bagdad.

La guerre contre le terrorisme doit être menée à l’échelle mondiale. Il faut d’abord priver Al Qaeda de soutien financier, puis de ses sources d’armement. Les solutions militaires sont toujours le dernier recours.

L’Ouest a besoin de nouveaux leaders. Nous devons payer le prix de notre échec en Irak. Heureusement, Blair s’en va cet été. Le Secrétaire de la Défense américain devra comparaître devant la Cour pénale internationale, celle que les Etats-Unis refusent de reconnaître. Et M. Bush ? « N’importe qui sauf Bush ».

Et l’Europe ? Par pitié, pas de « on avait raison » narquois à Paris ou à Berlin. On n’a pPas lde temps pour ça. Le 11 mars a montré que la guerre contre le terrorisme était aussi la nôtre. Ce qui importe, c’est l’unité et la coopération des politiciensques pour éviter d’autres « 11s » plus tragiques.

Multilatéralisme, de nouveaux leaders à Washington D.C et à Londres, et une nouvelle approche du terrorisme. Voilà ce dont nous avons besoin pour éviter le « choc des civilisations » de Huntington, et pour apporter paix, démocratie, et respect des droits de l’Homme à tout le Moyen-Orient.